Avec le Bois Lejus, l’équité boit la tasse.

Chaque année, dans les villages du sud de la Meuse, les habitant.e.s ont un droit d’affouages, c’est-à-dire de couper/récupérer du bois de chauffe dans le bois communal du village. Les parcelles sont attribuées à chaque habitant.e par la mairie. Cette année, la mairie de Mandres-en-Barrois a décidé d’attribuer des parcelles dans le Bois Lejuc, qui pourtant appartient à l’Andra, et ce visiblement hors cadre légal. Quelques arbres ont été coupés ces derniers jours, mais le plan de coupes semble avoir été stoppé par la mairie aujourd’hui (samedi 21 décembre).

A partir du 14 décembre 2019, pour fêter la fin de l’égalité des habitant.es au regard des lois du code forestier concernant les affouages, une partie des habitant.es du village de Mandres-en-Barrois feront leur coupe dans le Bois Lejuc. Sur la parcelle 5 (à gauche du Grand Chêne pour celleux qui ont éprouvé le bois autrement que pour le détruire). Alors que quelques maigres portions ont été distribuées dans le Bois de la Caisse (potentiellement le nouveau bois communal de Mandres aux yeux de la justice) à celles et ceux qui semblent avoir été catégorisé.es comme déjà plus chaud.es que CIGEO et brûlants de colère: pas besoin de bois de chauffe.

Ce système de privilèges qui sépare dans l’accession aux ressources les mauvaises graines de l’ivraie (à des exceptions près) s’articule autour d’une logique féodale : des affouagistes invité.es à défricher le bois Lejuc ont fait allégeance à l’Andra et ont reçu la colée de Monsieur Hance avec la promesse d’être très sages pour avoir des bonbons bigoût. Ainsi illes peuvent jouir de biens mis à leur disposition quand les autres, pouvant être parfois plus réservé.es à l’idée de vivre dans une déchetterie nucléaire cherchent les arbres à abattre dans des coupes déjà faites il y a deux ans et donc surexploitées ,ou dans des taillis remplis de ronces.

Un bruissement à travers les feuillages, le palpitant qui s’accélère, les mains moites, la nouvelle fait mouche, du mouvement enfin ! Le bois Lejuc aurait-il de nouveau le statut de Bois communal de Mandres en Barrois ?

Alors qu’un recours porté par des habitant-es du village est pourvu en cassation afin de contester l’acte d’échange du bois, la redoutable amitié entre le maire de Mandres, Xavier Levet, et l’Agence Nationale de gestion des déchets radioactifs sévit dans les chaumières à propos de ce bois libéré volé libéré volé libéré volé.

En effet, la première force de l’ordre du village fait sa petite cuisine depuis le début de son deuxième mandat et il est bon élève. Il parade et tourbillonne avec ses talonnettes dans les petits papiers de l’Andra. La recette de son succès : la loi est dure mais la loi est. Enfin… seulement pour les autres.

Au moins 3 ans que les affouagistes n’ont pas vu un tirage au sort, le tableau d’affichage de la mairie pleure de lassitude car il n y a que lui qui ne se fait plus épingler. De temps à autre on jette un délibéré du conseil en pitance à ces pauvres erres de citoyen.nes en mal d’information ainsi que quelques autorisations de forage à l’Andra dans les propriétés privés. Mais pas de trace du rôle d’affouage. « parce qu’il n’existe pas nous dit-on ». Il n y a pas eu de délibération du conseil municipal à ce sujet, quelques mots au même titre que la discussion sur la venue du père noël, mais pas d’écrit. En effet, on l’a vu dans les différentes institutions, il est plus simple que le chef prenne les décisions. Ce n’est pas toujours le plus compétent, mais C’EST LE PLUS FORT. Quand à David Mazoyer, directeur de l’Andra, ilditquilvoitpasl’problème. « On a le droit de prêter son propre bois à une commune quand même ». vous pouvez retrouver son tweet en tapant #extrêmegénérosité.

Mais dans le code forestier, bois privé et affouages ne font pas bon ménage. En effet, les affouages se font uniquement dans les bois et sections de la commune.

Et il n’est pas écrit que les affouagistes se doivent d’appeler l’Andra (SARL) la veille pour les prévenir qu’illes se rendent à leur parcelle le lendemain.

Il n’est pas non plus écrit qu’illes devront présenter aux forces de l’ordre ou aux vigiles en permanence présents sur place un laissez-passer avec la photocopie de leur carte d’identité pour pouvoir rentrer dans leur coupe (qui n’est pas sans rappeler les laisser-passer signés et distribués à certaines habitant.es pour leur éviter le harcèlement policier subi par la population du sud meusien depuis deux ans ).

Ni qu’illes doivent quitter la coupe à 17h avant d’être pris par l’irrépressible envie de construire des cabanes avec le bois qu’illes ont coupé toute la journée.

Toutes ces règles leur ont été dictées lors d’une réunion organisée devant l’entrée sud du Bois Lejuc samedi 14 décembre sous l’égide du garde-forestier d’Emmanuel Hance (travailleur actif de l’Andra pour l’emprise foncière au département de l’implantation des cancers grâce à une technique de pression bien rodée, il est reconnu grand spécialiste des chantages affectifs et économiques chez les futurs suicidé.es)

Il aura suffi d’appeler l’ONF pour s’apercevoir que le Bois Lejuc ne possède aucun plan simple de gestion forestière. Qu’il n y a aucune trace de demande d’autorisation de coupe. De plus, la justice a interdit tous travaux de défrichement dans ce bois. En 2016, l’Agence a été sommée de remettre en état ses chantiers illégaux (plantation d’arbres, élimination du géotextile, des graviers ainsi que des éléments du mur qu’elle avait commencé à ériger autour de la forêt) puisqu’elle avait débuté ces travaux en 2016 sans autorisation préalable. Les affouagistes seraient alors plus ni moins des travailleur.es déguisé.es qui permettent à l’Andra d’avancer alors que le projet CIGEO n’a toujours aucune existence légale. Malgré les apparences, depuis 1998, le laboratoire n’en est pas un, et sous couvert de recherche scientifique très poussée la décision est déjà prise, pas pour les propriétés incroyables de la roche callovo-oxfordienne conservée depuis des millons d’années gnagnagna mais bien pour la résignation ou l’achat du peu de population qui habite encore sur l’emprise du labo ainsi que tous les autres également concerné.es. (la religion scientifique vous rappelle que la radioactivité est plus mobile qu’un gendarme en patrouille aux alentours).

ON EST PAS DAC ON EST PAS DUP.

Petit rappel des faits malhonnêtes ( plus d’informations sur les recours juridiques dans les différentes brochures liées à la lutte) :

en juillet 2015, sombre jour d’été, ciel aussi lourd que les décisions prises ce jour-là.

Des conseillè-res municipales se faufilent entre deux vigiles de l’Andra qui encadrent la porte de la mairie depuis maintes fois lavée de cette présence controversée pour voter à bulletin secret l’échange du Bois communal de Mandres: le sulfureux Bois Lejuc. L’Agence en a besoin pour des installations de surface. En échange, des droits de chasse, des privilèges en nature et des promesses d’emploi pour leur descendance pour les 150 ans à venir (quand il s’agit de nucléaire on vit plus longtemps sisi). Les puits de ventilation des galeries du CIGEO valent bien quelques sangliers et emploi de secrétaires ou vigiles.

Alléchant puisque l’avenir et l’horizon dans ces villages semblent à la fois se boucher et se déboucher avec l’Andra. Poison et remède. Mais certain.es habitant.es résistent aux sirènes de l’Agence et de Pôle Emploi en pointant du doigt les conflits d’intérêts que présentent les votes de certain.es élu.es : travaux agricoles, prestations de travaux diverses et parfois même des membres de la famille travaillant à l’Andra, ce qui à l’époque était le cas pour la fifille à son papa le maire de Mandres. Dommage, ces mêmes habitant.es peuvent aujourd’hui observer à quel point la Justice est juste : les habitant.es qui n’ont pas eu de pitié pour leur vieux bois communal et qui l’ont vendu à l’Andra peuvent aller couper ses beaux houppiers tout en chassant allègrement dans le bois de la Caisse grâce à une technique ancestrale de dispersion de maïs et de jolies clôtures électriques pour cantonner le gibier. Quand aux autres, voilà ce qui arrive aux vilain.es désobéissant.es, pas de peluche !

Mais la justice, essayant de redorer son blason statue sur l’annulation de l’échange et en 2017, les perdant.es sont inhabituel.les, ce sont les chasseurs et pas les lapins. On se félicite d’avoir marquer un point malgré la conscience aiguë d’une justice acoquinée à l’ANDRA (Olivier Glady, procureur du Tribunal de Bar-le-duc se plaindra lui même de son statut de vassal du nucléaire lors d’un énième procès mais ne s’appliquera guère à travailler humblement à rendre justice aux habitant.es quand l’Andra enterre tous les jours le droit romain dans ses galeries).

Mais comme l’Andra a plus d’un tour dans son sac, rebelote le 25 mai 2017 : nouveau vote de l’échange du bois.

Les vigiles sont toutefois substitués par des gendarmes mobiles et des grilles anti-émeutes qui bloquent les accès principaux du petit village de Mandres en Barrois. Les bleus seront hués et pris à parti quand ils forment une haie d’honneur pour laisser passer les conseillères municipaux jusqu’à la mairie. Les habitant-es seront gazé ;es et roué.es de coup pour leur cacher la misère d’un pouvoir qui s’assoit sur leurs espoirs et qui vote de nouveau l’échange du bois avec les mêmes conseillè.res municipaux auparavant empêché.es par la justice de le faire.

Ainsi la situation des affouages dans le Bois Lejuc est un peu ambigüe vous en conviendrez et ça n’a pas l’air d’être la faute à Voltaire. Ces problématiques qui semblent affecter les habitant.es de Mandres en Barrois doivent être considéré.es au-delà des frontières de la Meuse puisque actuellement les petits jeux sournois de la mairie servent l’ANDRA dont les multiples tentatives douteuses pour acheter les gens ne sont même plus à démontrer.

Indignons-nous comme disait l’autre. Aimons-nous émeutons-nous mais ne laissons pas l’État gagner du glissement de terrain.

Sus à celleux qui veulent le Bure et l’argent du Bure.

21/12/2019

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