Brèves internationalistes

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L’intention de ces brèves internationalistes est de participer à relayer les informations qui indiquent où, quand et comment les guerres impérialistes continuent de ravager les territoires à différents endroits du monde.

Je prends l’initiative de relayer des nouvelles du Soudan, de la Palestine et du Rojava ; parce que ce sont les situations dont j’ai pu être témoin par le récit de personnes exilées, internationalistes ou non, qui transmettent les luttes en cours là-bas. Il y a bien sûr de multiples luttes partout ailleurs dans le monde dont on doit s’inspirer pour nos luttes ici, et que l’on doit chercher à soutenir avec les moyens dont nous disposons.

J’espère que cette initiative encourage d’autres ayant des nouvelles d’autres endroits, à les partager.

J’espère que ces nouvelles nous encouragent à garder le cap de nos luttes : la libération face au pouvoir capitaliste. Libération incontournablement collective, socialiste & internationaliste. Ces mots ont des significations à condition de les mobiliser avec nos repères anarchistes : anti-autoritaires, transféministes, antiracistes, antifascistes, antispécistes.

 

Soudan

(1) héritage colonial + (2) extractivisme + (3) guerres impérialistes = la population au Soudan qui paye le prix du sang du développement capitaliste

Les peuples au Soudan résistent et s’organisent. Des moyens de soutenir la révolution au Soudan existent, tandis que la responsabilité des gouvernements européens et des pouvoirs capitalistes peut être combattue ici.

Des personnes exilées en france depuis le Soudan ont créé le média sudfa ; qui relaye un grand nombre d’actualités et d’analyses de la situation au Soudan. A la fois pour transmettre les ravages de la guerre en cours tout autant que les résistances déployées au sein des peuples.

https://sudfa-media.com/

(1) et (2) ; l’article suivant décrit en détails les liens entre l’héritage du colonialisme anglais au Soudan qui a fracturé les liens entre les différents peuples et communautés, pour expliquer comment on en arrive à la situation actuelle qui est liée aux guerres d’influence que se mènent différents Etats-Nations par le biais de l’accès (et de leur contrôle) aux ressources minières notamment. Le parallèle est fait avec le Congo où les enjeux d’extractivisme sont omniprésents et continuent depuis de nombreuses années de détruire les communautés humaines qui habitent là-bas.

https://sudfa-media.com/article/guerre-et-extractivisme-congo-soudan

 

Palestine

(1) héritage colonial + (2) pouvoir fasciste + (3) guerres impérialistes = le peuple palestinien qui vit la torture et la menace d’extermination depuis plusieurs décennies.

Le peuple palestinien et ses soutiens s’organisent et résistent. Les moyens de participer à ces combats sont nombreux.

*Collectif urgence-palestine

le collectif urgence-palestine a été menacée de dissolution par le gouvernement sous Macron. La solidarité contre la répression est toujours d’actualité : https://www.urgence-palestine.com/intention-de-dissolution-durgence-palestine-lonu-interpelle-le-gouvernement-francais/

D’autres actualités permettent de faire le lien avec les luttes antifascistes ici.

De Gaza à Lyon, résistance anticolonialiste, antisioniste et antifasciste ! 

*Campagne thousand madleens

Les équipages qui cherchent à briser le blocus de Gaza se relaient depuis de nombreuses années. Ces 2 dernières années, ce mode d’action est devenu plus urgent et nécessaire que jamais. Ce qui prouve à toutes les luttes que nous ne devons jamais attendre pour mettre en oeuvre des actions qui nous paraissent pertinentes, tout en ne perdant pas de vue que nous devons arriver à les amplifier à mesure que la menace impérialiste aggrave le désastre et la destruction.

La campagne thousand madleens a besoin d’argent, de personnes prêtes à engager leur travail, de soutiens matériels et de soutiens internationaux, entre autre.

 

(1) et (2) à travers le récit d’internationalistes venus soutenir le travail des palestinien-nes en cisjordanie et recueillir leurs histoires, on peut comprendre mieux comment le colonialisme de l’Etat d’Israël se déploie. De telles méthodes ne doivent pas laisser de doutes sur les intentions de l’Etat d’Israël ; il n’a aucune intention de permettre la cohabitation entre les différentes communautés religieuses et refuse totalement l’auto-détermination du peuple palestinien. Les résistances là-bas montrent puissamment comment nous pouvons résister ici. En gardant en ligne de mire que plus nous arriverons à partager les fruits de la solidarité entre les luttes, plus nous serons fortes ensemble.

https://mars-infos.org/recit-d-un-voyage-en-palestine-8384

 

Rojava

(1) héritage colonial + (2) lutte contre le « terrorisme » + (3) guerres impérialistes = la lutte du peuple kurde fait face au jeu d’alliances géo-politiques qui permet aux Etats-Unis de progresser en influence au moyen-orient, en complicité avec Israël et la Turquie, deux Etats aujourd’hui entre les mains de pouvoirs fascistes.

Depuis début février, des accords signés entre des représentants de l’administration du nord-est syrien (administration issue de la révolution au Rojava) et le gouvernement de Damas mené par Jolani (issu des forces HTS) ont entériné l’invasion du pouvoir central syrien qui s’est déroulé tout au long du mois de janvier. Ces accords ont néanmoins permis de protéger des acquis de la révolution du Rojava. La situation nécessite comme toujours d’appuyer le rapport de forces, qui a drastiquement changé en quelques semaines. Les dégâts sont d’une très grande gravité, sur les communautés vivant dans le nord-est syrien et sur les organisations révolutionnaires du Rojava. La solidarité est plus que jamais nécessaire.

site internet du réseau serhildan : https://serhildan.org/accord-de-cessez-le-feu-du-29-janvier-2026-analyse-riseup-4-rojava/

média rojava information center : https://rojavainformationcenter.org/2026/03/interview-they-may-take-our-braids-but-our-dignity-and-our-ideas-cannot-be-eradicated-ruksen-mohamed-spokesperson-of-the-womens-protection-units-ypj/

 

(1) et (2)

Comme au Soudan et en Palestine, il est difficile de résumer de manière pertinente la façon dont l’héritage colonial façonne la structuration des Etats-Nations aujourd’hui. Ce qu’il est possible de garder en tête, c’est que les intérêts occidentaux continuent aujourd’hui de ravager de nombreux territoires. Les gouvernements occidentaux sont dans l’incapacité politique (et notamment par absence totale de volonté politique) de faire face à la prédation des économies capitalistes dont les centres restent encore aujourd’hui largement structurés depuis l’Europe et l’Amérique du nord. Les rivalités géo-politiques avec la Russie et la Chine masquent l’uniformisation capitaliste des économies.

C’est notamment contre cela que se battent les kurdes et de nombreuses autres communautés et ethnies en Syrie. C’est dans ces volontés d’hégémonie et de conquête des Etat qu’est plongé le peuple syrien.

Alors que l’idéologie réactionnaire de groupes islamistes rassemblés au sein de Daech faisait « trembler » tous les gouvernements du monde ; les populations en Syrie, ou encore en Irak et aux alentours faisaient face aux violences terribles que Daech inflige aux populations rebelles. Comme à de multiples reprises dans l’histoire du capitalisme mondial, ce fut une aubaine pour les gouvernements occidentaux qui pouvaient se draper de leurs plus beaux sentiments de défense de la liberté pour aller combattre Daech et « sauver » les populations du moyen-orient. La réalité est bien plus cynique.

Je ne pourrai pas résumer comment l’impérialisme états-unien a généré ces groupes terroristes. Mais on peut retenir que globalement, face aux luttes des peuples du dit « Sud global » (donc globalement, les pays les moins décisionnaires dans l’organisation du marché capitaliste mondial), les Etats-Unis ont toujours joué un rôle de contre-révolution. Assassinats de leaders progressistes/socialistes, fourniture d’armes à des groupes rebelles réactionnaires instrumentalisés pour déstabiliser une région du monde, influence et soutien à des coups d’Etats militaires pour se garantir un accès aux ressources minières de toute sorte. C’est une recette classique pour les militaires et renseignements états-uniens : faire grandir le chaos, et intervenir ensuite pour avoir la main-mise sur comment les richesses sont produites et distribués.

Il ne s’agit pas d’idéaliser les pays du-dit « Sud global » mais de comprendre en tant qu’occidentaux, que nous devons faire le ménage chez nous, et ne plus laisser le pouvoir entre les mains de nos bourgeoisies, dont le pouvoir réside dans beaucoup dans le trio : industriels – militaires – Etat central. On pourrait également disserter longtemps pour définir cet « Etat central » ; et il y a plusieurs manières de le désigner.

Mais ce sera pour une prochaine brève !

 

 

*** Pour finir ***

Je ne connaissais pas le site ci-dessous, mais je l’ai trouvé en arpentant l’internet. Vous y trouverez des documentaires et archives à propos notamment des luttes antiracistes aux Etats-Unis dans les années 60’s et 70’s ; l’héritage militant de cette période est énorme et continue de nourrir les luttes en de multiples endroits. Mémoire d’autant plus nécessaire aujourd’hui que les fascistes aux Etats-Unis semblent décidés à ne plus reculer devant rien. La force qu’il s’agit de leur opposer doit prendre la mesure de la menace existentielle qu’ils adressent au reste du monde. Nous sommes concerné-es en fRance ; étant donné la position officielle d’allié et étant donné les liens historiques, militaires, économiques et diplomatiques qui relient le capitalisme ouest-européen avec le capitalisme nord-américain.

https://www.thedugoutpodcast.com/radical-archive

 

***

 

(3) les guerres impérialistes

à propos des intérêts des puissances impérialistes qui dictent la marche du monde, il paraît important de ne pas plaquer une vision « libérale » ou « cynique » sur les relations internationales. Visions qui chercheraient à résumer les guerres en cours comme le résultat incontournable d’une bataille éternelle pour l’accès aux ressources et à la recherche d’hégémonie économique et militaire.Tous les Etats du monde seraient mis dans le même panier, et les volontés belliqueuses ramenées à la bonne volonté ou l’éthique morale individuelle des dirigeants de chaque pays.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, plus largement l’Union Européenne, au sein notamment de l’alliance militaire transatlantique (OTAN) et dans une autre mesure la Russie et la Chine, et encore après le Brésil, l’Inde, le Japon, l’Iran, l’Arabie Saoudite, … (liste non-exhaustive) ; tous ces Etats ne disposent pas des mêmes pouvoirs, ni des mêmes influences. Il faut regarder la puissance militaire et la présence militaire, le poids diplomatique et le rôle économique, ou encore des liens entre les multinationales, les banques et les entreprises privées qui structurent l’économie mondiale en premier lieu avec comme base mondiale : l’extractivisme et le contrôle des ressources.

Tous ces pays cités sont par ailleurs en tête de liste de ceux dont les Etats-Nations sont les plus dangereux pour les autres, les plus agressifs militairement, et dont la répression contre leurs propres populations ne laisse aucun doute sur la volonté d’écrasement des luttes politiques pour l’émancipation des peuples. Il est important donc de distinguer les pays (peuplés de multiples communautés, habitant-es et peuples dont les histoires singulières sont précieuses) des Etats-Nations qui sont la construction politique, économique et militaire des pouvoirs bourgeois en quête de toute-puissance politique, d’hégémonie économique mondiale et de suprématie militaire.

Les Etats-Unis sont omniprésents militairement dans le monde, et ce n’est PAS une bonne nouvelle. La présence militaire de la France dans différents pays d’Afrique n’est PAS non plus une bonne nouvelle. L’Union européenne dispose d’une influence énorme dans l’organisation du marché mondial et dans les rôles diplomatiques ; que beaucoup de pays s’efforcent de contourner depuis de nombreuses années ou décennies, mais parfois collaborent très activement et veulent leur part du gâteau capitaliste.

Il ne s’agit pas de demander à l’Etat en fRance de « prendre ses responsabilités » face à la guerre impérialiste qui s’étend. Il s’agit de retirer le pouvoir des mains des capitalistes. En fRance, les capitalistes sont organisés au sein de la classe bourgeoise. Il s’agit de refuser de participer à la guerre impérialiste qui correspond aux intérêts de la classe bourgeoise. En fRance, des armes sont produites, des logistiques militaires sont assurées, des alliances avec les fascistes sont conclues.

Tout cela peut nous paraître bien trop grand à nos échelles individuelles, ou même collectives dans nos différents espaces militants. Mais nous devons garder en tête que rien de tout cela ne repose sur nos échelles personnelles intégralement. Nous partageons le poids des menaces impérialistes. Ce qui est important, c’est de tenir ce que nous tenons déjà en tant qu’anarchistes, féministes, anticapitalistes, … etc, et de chercher à se relier les unes aux autres continuellement. Chercher à relier les luttes entre elles et chercher à étendre les solidarités qui nous tiennent déjà. C’est un travail long, minutieux et patient. Parfois, lorsque les violences auxquelles nous faisons face sont trop grandes, nous pouvons être désespéré-es ; et nous avons des bonnes raisons de l’être. Ce qui peut aider, c’est de ne pas oublier que nous avons déjà entre les mains, dans nos espaces militants, dans les solidarités que nous cherchons à étendre, ce qui est source de joie. Autour de moi, je ne vois que des personnes en quête haletante de vies pleines de sens et de joies. Et tous les jours, ces joies adviennent. Alors quand les forces impérialistes attaquent sans retenue les luttes les plus isolées, ou les plus menaçantes à leurs yeux ; et bien, chercher à se relier à ces luttes est le meilleur moyen de ne pas sombrer dans le désespoir. Chercher à se relier à ces luttes, c’est continuer à déployer la joie de se défendre ensemble face à un système qui ne veut pas mourir ; mais toute chose doit mourir, quand bien même cette chose est le système militaire et économique le plus puissant que nous connaissions à ce jour.

Ne pas renoncer  à chercher à nous coordonner à vaste échelle.

Ne pas renoncer à nourrir les luttes localement, en prenant le temps de nos solidarités en construction.

Ne pas renoncer à se défendre ; face aux fascistes, face à l’Etat, face aux institutions capitalistes.

Ne renoncer à aucun moyen d’action ; et se demander toujours = pourquoi faisons-nous ce que nous sommes en train de faire ? à qui et à quoi cela donne-t-il du pouvoir ? de quoi devons-nous nous défendre ?

 

Salutations révolutionnaires

PS : si des éléments d’analyse vous paraissent trop abstraits, pas assez précis, ou incorrects ; n’hésitez pas à me le signaler. Idem, j’essaye de vérifier les sources d’informations, mais c’est un travail long. Donc si des sources d’informations ne sont pas fiables, signalez-le moi.
mail = brevesinternationalistes[at]riseup.net

 

 

 

27/03/2026

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