publié sur trognon.info
Des critiques et des informations pratiques pour (re)commencer à démanteler le complexe électrique national.
Sommaire
Partie 1 (des critiques) : Complexe climatique = complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires = confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel
Partie 2 (des informations pratiques) : la relance énergétique → ses complexes portuaires pétroliers + sidérurgiques + ses giga-usines
Partie 3 (des pistes) : comprendre le complexe électrique national + l’électrification des complexes portuaires→ par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?
« J’aimerais que les luttes climatiques et écologiques en général aient le courage de remettre en question la production industrielle d’énergie et d’être honnêtes sur le fait que toute production d’énergie à grande échelle, comme l’électricité en général, ne peut fonctionner que dans la mesure où elle ravage la planète. Dans certains cas, c’est des mines comme celle-ci que les Européens peuvent voir dans leurs prés carrés et dans d’autres cas, elles sont exportées vers des endroits qui sont plus loin de la vue. Et j’ajouterais que même avec la production d’énergie à petite échelle, comme l’utilisation décentralisée de panneaux solaires par exemple, cela dépend toujours d’une économie mondiale hautement globalisée et coloniale impliquant l’extraction de ressources dans les pays du tiers monde et, dans certains cas, le travail forcé. » Un habitant d’une forêt en lutte contre une mine de charbon à Hambach (« La Culture Mangeuse de Monde. Entretien » dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus. Apériodique pour chahuter l’extractivisme à la page 47)
Partie 1 (des critiques) : Complexe climatique = complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires = confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel
L’un des plus grands mensonges qu’il est important de détricoter est celui qui consiste à croire que la relance énergétique, appelée « transition énergétique » ou « transition écologique », est une solution pour « sauver le climat ». On pouvait clairement douter du fait que les énergies dites « décarbonées » (énergies solaires, éoliennes, nucléaires, agro-carburants et captage-stockage du CO2…) remplacent le pétrole et le charbon étant donné qu’une énergie n’a jamais vraiment remplacé une autre dans l’histoire du capitalisme [1]. Il n’a jamais tant été question de faire une « transition écologique » vers une production « respectueuse de la planète », mais plutôt de continuer le développement capitaliste en anticipant des pénuries présentes et à venir : l’histoire de l’Agence Internationale de l’Énergie est claire à ce sujet [2]. Cette institution reconnaît à présent officiellement que la décroissance de la consommation d’énergies fossiles ne devrait pas avoir lieu dans les cinquante prochaines années. Dans son nouveau rapport de novembre 2025 sur les perspectives énergétiques mondiales, elle réintroduit un scénario, abandonné en 2020, prenant en compte les politiques actuelles. Dans ce scénario, bien que la relance énergétique a lieu, la demande en pétrole et en gaz naturel augmente jusqu’en 2050, et seule la consommation de charbon atteint un pic en 2030 avant de redescendre. Ce scénario, qui prévoit au moins 3°C de plus à la fin du siècle, est réintroduit suite aux conséquences des offensives armées de la RussieTM [3] en UkraineTM. La priorités des puissant.e.s n’est pas d’arrêter la dévastation du monde mais plutôt de nourrir l’économie de guerre et de développer ses capacités à l’aide de l’intelligence artificielle [4].
[1] : Ce qu’en disent les historiens Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz à la page 121 du livre de 2013 l’Évènement Anthropocène : « La mauvaise nouvelle est que si l’histoire nous apprend bien une chose, c’est qu’il n’y a en fait jamais eu de transition énergétique. On ne passe pas du bois au charbon, puis charbon au pétrole, puis du pétrole au nucléaire. L’histoire de l’énergie n’est pas celle de transitions, mais celle d’additions successives de nouvelles sources d’énergie primaire. L’erreur de perspective tient à la confusion entre relatif et absolu, entre le local et le global : si, au XX’ siècle, l’usage du charbon décroît relativement au pétrole, il reste que sa consommation croît continûment, et que globalement, on n’en a jamais autant brûlé qu’en 2014. » On pourrait rectifier cependant que cette « histoire » dont ils tirent des enseignements est celle où les États imposent à chacun de lier son destin à la production industrielle agencée en fonction de l’économie capitaliste. C’est justement l’objet de ce texte de nourrir nos initiatives pour nous émanciper de ce destin imposé.
[2] : L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) est fondée à la suite du mouvement de panique déclenché par la pénurie de pétrole en 1973 (« choc pétrolier ») pour gérer la coordination des réserves parmi les États membres de l’OCDE. Depuis 2009, elle anticipe une pénurie de pétrole et appelle à remplacer les énergies fossiles par des énergies « décarbonées ».
[3] : On a trouvé ça drôle d’ajouter « TM » (le symbole « trademark », qui nomme une entreprise reconnue dans le marché capitaliste) à côté des États-nations que nous mentionnons. Comme dans toute entreprise, des élites y managent des politiques dont les conséquences s’abattent sur des subordonné.e.s.
[4] : Un rapport d’octobre 2025 du Shift Project (think tank co-fondé pour faciliter la « transition énergétique ») s’intéresse à l’industrialisation de l’intelligence artificielle en prenant comme exemple la situation de l’IrlandeTM (où cette industrialisation est plus avancée qu’ailleurs dans l’Union EuropéenneTM). Malgré la montée en puissance de la relance énergétique venant de sources décarbonées, cette industrialisation crée un excédent qui amène à une réouverture des centrales électriques à gaz.
= complexes énergétiques + complexes extractivistes + complexes militaires
Ce qu’il y a de commun à la quasi-totalité des énergies fossiles et dites décarbonées, c’est qu’elles ont besoin de minerais et de métaux en abondance. Les extractions de ces ressources sont passées de 21,1 milliards de tonnes par an en 1970 à 96,1 milliards de tonnes en 2019 et dépassent les 100 milliards en 2022. Cette dynamique s’accentue avec la relance énergétique : les éoliennes ont besoin d’aluminium, de cuivre, de nickel et de terres rares ; les panneaux photovoltaïques ont besoin d’aluminium, d’argent, de cuivre, de silicium, de zinc, de graphite, d’indium, de germanium ou d’antimoine ; et les véhicules électrifiés de cobalt, de cuivre, de nickel ou encore de lithium. Pour se faire une idée, il faudrait 1 ou 2 kilo de terres rares pour fabriquer un moteur de véhicule électrique, et parfois plus d’une tonne pour fabriquer une seule éolienne en mer. Étant donné que cette relance énergétique alimente intrinsèquement la numérisation du monde, on pourrait aussi répertorier tous les minerais et métaux nécessaires aux smartphones, aux data-centers ou par exemple aux puces électroniques… Selon plusieurs expert.e.s, au moins 10 % de l’énergie primaire produite servirait à extraire et à traiter les minéraux. On pourrait ajouter à cette somme toute celle qui est utilisée pour transporter, fabriquer, assembler et faire fonctionner les chaînes de production des infrastructures énergétiques et de la distribution d’énergie jusqu’aux armes de guerre qui permettent à l’extractivisme de prospérer. Et voilà la farandole des serpents qui se mordent la queue pour nous enfermer dans la spirale du capitalisme : énergies, extractivismes et guerres [5]. Sans trop approfondir ce sujet qui nécessiterait un texte à part entière [6], cette interrelation est flagrante dans les guerres actuelles en République Démocratique du CongoTM [7] et en UkraineTM [8]. Même lorsque ces extractions ne s’imposent pas par des groupes militaires ou policiers, elles s’accompagnent de la destruction du tissu végétal et des sols, de la pollution de l’eau par l’utilisation des produits d’extractions, et par la production de déchets radioactifs et le rejet de métaux lourds dans certaines cas.
[5] : La brochure « Danse Macabre » approfondit cette corrélation entre guerre et extractivisme. Voir « Synthèse et extraits : Danse macabre. Un slow entre guerres et mines » aux pages 35 à 40 dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus Apériodique pour chahuter l’extractivisme. Pour commander des exemplaires : contactez sansdessousdessus chez distruzione.org
[6] : Un texte qui traite davantage de l’articulation entre guerres et énergies devrait être publié dans quelques semaines. En ce qui concerne la corrélation entre extractivisme et industrialisation énergétique, l’article « L’extractivisme vert au secours de la société techno-industrielle. Sur la transition énergétique et la destruction de la nature ainsi que sur la nécessité de résister et d’attaquer » est traduit aux pages 58 à 67 du numéro 4 Printemps – Été 2025 de la revue Takakia. Chants sous-marins pour couler la mégamachine. Voir le blog de la revue : takakia.noblogs.org
[7] : En République Démocratique du CongoTM où se trouvent 80 % des réserves mondiales de coltan (utilisé dans les condensateurs de smartphone, ordinateurs, batteries, drones, véhicules électriques) ; et des réserves massives de cassitérite (indispensable pour les soudures électroniques), de tungstène, d’or, de cuivre, de cobalt, de germanium et de lithium. Depuis 1996, cette guerre par l’intermédiaire de groupes armés qui vendent ensuite aux puissances industrielles, se fait sur le dos de plus de 6 millions de morts, de près de 8 millions de déplacé.e.s, de violences sexuelles massives (avec l’utilisation systématique du viol comme armes de guerre) et de rapts d’enfants éduqués à devenir enfants soldats. Ce carnage ne concerne pas que les humain.e.s mais passe aussi par une déforestation massive, une pollution de l’eau, et le braconnage d’animaux lié à l’économie des groupes armés.
[8] : La guerre en UkraineTM est aussi liée au fait que ce territoire contient 5 % des réserves critiques mondiales (avec de vastes réserves exploitables de lithium, de cobalt, d’uranium, de scandium, de manganèse, de gallium, de titane, de niobium, de tantale comme nulle part ailleurs en Europe, ou encore de graphite où s’y trouve 20 % des ressources mondiales estimées). Une partie de ces zones se trouvent à l’est du pays sous le contrôle de la RussieTM depuis la guerre. Ces ressources sont également un enjeu que l’administration de Trump négocie avec le gouvernement ukrainien pour renouveler son soutien militaire. Zelensky avait refusé lors de la Conférence de Munich de signer un accord octroyant 50 % de ces terres rares aux États-Unis en raison de contreparties jugées insuffisantes (l’aide américaine équivaudrait à 100 milliards d’euros plutôt que 500 milliards annoncés). Les États de l’Union EuropéenneTM qui soutiennent l’UkraineTM sont aussi intéressés par ces réserves minérales.
= confiscation de nos vies par le complexe militaro-industriel
La guerre mondiale de 1914 – 1918 a fait apparaître la nécessité pour les État-nations militaires de disposer du pétrole afin de pouvoir mobiliser leurs forces sur une carte, sinon quoi les soldats se retrouvent rapidement au chômage technique [9]. Dans les décennies qui suivent, la recherche coloniale de pétrole cherche un débouché économique « civil » pour se régulariser. L’histoire de la Volkswagen (« voiture du peuple ») en AllemagneTM commandée par Hitler en 1933 est exemplaire de ce phénomène : en généralisant la consommation d’un outil qui permet d’activer la recherche industrielle du pétrole (et la filière sidérurgique qui fait de l’acier en masse pour les voitures afin d’être prête pour en faire pour des chars et des avions), l’économie de guerre se prépare. Et c’est pareil dans le sens inverse : selon les historiens Bonneuil et Fressoz (dans l’Évènement Anthropocène aux pages 160 et 161), « la guerre [1939 – 1945] imposa la construction de raffineries et d’un réseau de pipelines pour acheminer le pétrole vers les aérodromes militaires », permettant « la massification de l’automobile après la guerre ». La généralisation des tracteurs dans le travail agricole en FranceTM à partir des investissements du Plan Marshall (permis par les puissances des États-UnisTM) y participe également : la puissance de destruction énergétique mise au point pour la guerre se reproduit par l’exploitation des sols. On peut observer la même logique avec la mise en place du programme électro-nucléaire en FranceTM : la priorité a été de maîtriser et de disposer de la bombe atomique (le moyen de destruction le plus avancé à ce moment) puis de développer cette filière en la liant au quotidien des civil.e.s avec la construction massive de centrales nucléaires et une électrification des usages (comme le chauffage électrique). Peut être qu’en sachant cela, vous aussi avez envie de cracher à la gueule des expert.e.s et pseudo-expert.e.s qui nous montrent des schémas sur « notre consommation énergétique » ? qui en plus d’inclure l’énergie des guerres, des industries et de la logistique industrielle aux consommations individuelles, effacent le fait que nous avons été faits otages de ce mode de vie morbide.
[9] : Le 5 décembre 1917, une lettre de la chambre syndicale avertit les pouvoirs publics qu’il n’y aurait plus de stocks de pétrole au 1er mars 1918. À la suite de quoi Georges Clémenceau adresse un télégramme le 15 décembre 1917 au président américain Woodrow Wilson avec ce message : « Au moment décisif de cette guerre, où l’année 1918 va ouvrir des opérations militaires capitales sur le front français, les armées ne doivent à aucun moment être exposées à manquer de l’essence nécessaire aux camions automobiles, à l’aviation et à l’artillerie de campagne par tracteurs […]. Si les Alliés ne veulent pas perdre la guerre, il faut que la France combattante, à l’heure du suprême choc germanique, possède l’essence aussi nécessaire que le sang dans les batailles de demain. ».
Partie 2 (des informations pratiques) : la relance énergétique → ses complexes portuaires pétroliers + sidérurgiques + ses giga-usines
En FranceTM, le contexte énergétique est très tendu et rend cette relance indispensable pour l’économie. Pour atteindre les objectifs prévus, il faudrait que 45 % d’électricité en plus soit produite en vingt ans. Mais en plus de cela, cette relance doit compenser la fermeture des centrales nucléaires actuelles (fournissant 65 % de l’électricité française en 2023) à l’horizon 2040 [10], ce que des responsables politiques français anticipent depuis le début des années 2000 en annonçant un « effet falaise ». La dernière loi de programmation énergétique a soulevé du mécontentement en annonçant la construction de 14 EPR2 (grands réacteurs nucléaires) et 15 SMR (petits réacteurs nucléaires) d’ici à 2050. Pourtant, la filière nucléaire française n’est pas en capacité de produire des réacteurs au même rythme que pendant les années 1970 et 1980 [11] et ce n’est qu’à partir de 2035 que le « nouveau nucléaire » ( le terme pour désigner EPR2 et SMR) doit commencer à être mis en service. Entre temps, c’est surtout le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires actuelles de 40 à 60 ans [12] qui entretient la relance énergétique. De plus, la relance énergétique doit être comblée par d’autres productions d’énergies qui devraient laisser le temps et l’énergie (littéralement) à la filière nucléaire française d’amorcer ses grands chantiers [13]. Pour la période 2024 – 2030, c’est surtout des installations photovoltaïques et éoliennes terrestres qui doivent être installées en masse. Il s’agirait de passer d’une vingtaine de gigawatts (GW) de photovoltaïque en 2023 à 54 GW en 2030 et de 65 à 90 GW en 2035. L’éolien terrestre devrait passer de plus de 20 GW en 2023 à 33 GW en 2030 et 40 à 45 GW en 2035. Pendant les 5 années suivantes (2030-2035), l’éolien en mer doit approvisionner 18 GW [14]. Si certain.e.s cherchent un filon pour bloquer l’économie, mettre des bâtons dans les roues à la relance énergétique est sans doute une piste sérieuse [15]. Et si certain.e.s cherchent à faire chier Macron et sa bande : cette relance énergétique est sans doute la priorité gouvernementale [16] étant donné que depuis le début de son quinquennat actuel, tous les premier.ère.s ministres se voient attribué.e.s le statut de « chargé de la Planification écologique et énergétique ».
[10] : Ces 58 réacteurs ont été construits durant le plan Messmer dans les années 1970 et 1980. Conçus au départ pour une échéance de 40 ans, ils arrivent dans une période de prolongement encadrée par les prescriptions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), jusqu’à 60 ans de fonctionnement.
[11] : Elle n’est pas traitée dans ce texte étant donné que, en faisant nos recherches, nous nous sommes rendus compte qu’elle ne semble pas centrale au sein de la relance énergétique, en tous cas pour la prochaine décennie.
[12] : Il y a des usines qui contribuent à la maintenance nécessaire à ce prolongement, comme l’usine de maintenance Framatome à Maubeuge (Nord) ou celle d’Arabelle Solutions à Belfort (Alsace). Cette dernière, concernée par le possible raccordement à venir de la zone Sud Alsace, est essentielle pour la filière nucléaire française. Il est important de savoir que Catherine Cornand, nommée récemment présidente d’Arabelle Solutions (dorénavant filiale de Framatome) occupait auparavant un poste de vice-présidente à Framatome qui consistait à piloter les opérations de service et de maintenance des centrales nucléaires.
[13] : Les chantiers de deux réacteurs EPR2 en cours se trouvent à Penly (Seine Maritime), Gravelines (à côté de Dunkerque, Pas-de-Calais) et Le Bugey (à côté de Lyon, Rhône). Les nouveaux réacteurs de Penly doivent démarrer en 2037. En ce qui concerne les SMR, il semblerait que les premiers réacteurs pilotes doivent être mis en service en 2030 – 2032 mais il faudrait un texte entier pour rendre compte de la totalité des entreprises et des différents projets SMR, de leurs avancées et de leurs chaines de production.
[14] : Pour s’informer sur les éoliennes maritimes, voir l’article du numéro 4 de la revue contre la société techno-industrielle Takakia (« L’éolien offshore : survol d’un projet écocidaire », Chants sous-marins pour couler la mégamachine, Takakia N°4 Printemps – Été 2025, p.18-20). Pour découvrir la revue : takakia.noblogs.org. Voir aussi le site : https://www.eoliennesenmer.fr/ ou le site de RTE pour les projets spécifiques.
[15] : Les luttes anti-nucléaires des années 1970 et 1980 en FranceTM ou en AllemagneTM dans des perspectives d’action directe sont très inspirantes. Il faudrait aussi en discuter les limites, et notamment le fait qu’elles se soient concentrées sur le nucléaire et ont manqué de s’élargir à une remise en cause générale de l’énergie.
[16] : Il ne faudrait pas pour autant en conclure qu’il s’agit du sujet prioritaire des personnes qui nous gouvernent. La question militaire et policière est peut être au moins aussi centrale, bien qu’elle soit logiquement traitée au sein des Conseils de défense et de sécurité nationale (CDSN) qui, depuis la crise du Covid-19, ont été programmés juste avant le Conseil des ministres.
→ ses complexes portuaires et pétroliers
Regardons plus en détails les « zones de mutualisation » prioritaires pour les raccordements électriques. Il s’agit des Grands Ports Maritimes de Dunkerque, Fos-sur-Mer, Le Havre-Port Jérôme et Saint-Nazaire-Nantes. Il est possible également que les zones de Saint-Avold et Sud Alsace soient renforcées par la suite. On retrouve dans ces zones la grande majorité de l’industrie pétrolière, gazière et pétrochimique de FranceTM [17]. Le port de Dunkerque accueille le terminal méthanier le plus important de FranceTM, du côté de Loon-Plage, mis en service en 2017 comme point d’arrivée de gaz naturel via gazoduc et navires méthaniers. Relié aux deux réseaux de transport de gaz français et belge, il alimente 20 % de la consommation annuelle de la FranceTM et de la BelgiqueTM en gaz. Un autre terminal méthanier important est celui d’Elengy à Montoir-de-Bretagne (près de Nantes-Saint-Nazaire), port d’escale privilégié des méthaniers de RussieTM et des États-UnisTM, et hub logistique international de GNL. La plus grande raffinerie de pétrole de FranceTM se trouve à Gonfreville-l’Orcher [18], au sein du complexe portuaire du Havre-Port-Jérôme, et remplit 1/6 du marché français (particulièrement le bassin parisien relié à cette zone par la Seine). La seconde plus grande s’y trouve aussi à Port-Jérôme-Gravenchon [19]. La troisième plus grande se trouve à Donges [20], dans le complexe portuaire de Nantes-Saint Nazaire, et fournit 12 % du traitement national de pétrole brut. La zone de Fos-sur-Mer regroupe les raffineries de Fos [21], La Mède [22] et Lavéra [23] qui produiraient 32 % du raffinage français sur l’année 2008.
[17] : On a choisi de pas approfondir la documentation des grandes industries pétrochimiques de ces zones en espérant que cela soit fait ailleurs.
[18] : La raffinerie de Normandie est mise en service en 1933 et traite jusqu’à 16 millions de tonnes de pétrole brut par an, surtout en provenance du golfe Persique, pour en transformer une douzaine de millions de tonnes en essences, gazoles, carburants pour avions, huiles, lubrifiants… Ce pétrole arrive du port du Havre, est stockée dans le dépôt de la Compagnie Industrielle Maritime (CIM) avant d’être acheminé par oléoducs à la raffinerie. Elle emploie 1 500 personnes dont 200 ingénieur.e.s et technicien.ne.s dans le centre de recherche de Gonfreville.
[19] : La raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon regroupe deux raffineries mises en service en 1933 et 1935 traite jusqu’à 12 millions de tonnes de pétrole brut par an acheminé par oléoducs depuis le port du Havre pour produire des huiles de base, huiles blanches, des bitumes, gaz propane et butane. Un site pétrochimique lui est associé.
[20] : La raffinerie de Donges est située au bord de la Loire entre le port de Saint-Nazaire et celui de Nantes et de la ligne ferroviaire Nantes – Le Croisic. Elle est créée en 1917 lorsque l’armée des États-UnisTM s’implique dans la Première Guerre Mondiale et construit le premier port pétrolier de FranceTM le long du chemin de fer. Elle traite environ 11 millions de tonnes par an pour produire des carburants automobiles, du kérosène, du butane, du propane, des bitumes et des fiouls domestiques et emploie 5 000 personnes. Elle est reliée au pipeline Donges-Melun-Metz.
[21] : La raffinerie de Fos est créée dans les années 1930 pour permettre l’arrivée de pétroliers venant d’AlgérieTM et du Moyen-OrientTM. Elle appartient depuis fin 2024 au consortium « Rhône Énergies ».
[22] : La plateforme de la Mède ou raffinerie de la Mède a été mise en route en 1935 et les activités de raffinage pétrolier s’arrêtent à la fin 2016. Il s’agit à présent d’une bio-raffinerie produisant du bio-gazole (notamment pour l’aviation) avec des huiles végétales et alimentaires. Elle abrite également une plateforme logistique de stockage d’1,3 millions de m³ , une unité de régénération de résidus maritimes, un centre de formation et une centrale solaire.
[23] : La raffinerie de Lavéra, mise en service en 1933, emploie environ 450 personnes et produit environ 350 000 tonnes de pétrole brut par an et expédie des essences, gazole, fioul domestique, kérosène, fiouls louds et bitumes. Elle alimente également un vapocraqueur d’une capacité de 750 000 tonnes par an appartenant à Naphtalchimie.
Si complexes pétroliers et relance énergétique sont tant intriquées, et si l’AIE prend acte du refus de réduire la croissance de la consommation de pétrole, c’est une conséquence de la militarisation des sociétés où les rivalités interétatiques se durcissent. Le texte « La guerre commence ici : paralysons son infrastructure là où nous le pouvons » publié en 2022 [24] avance que « le pétrole, et plus largement l’énergie en général » serait trop laissée de côté par les attaques contre la machine de guerre alors qu’elles en constitueraient « la matière première principale ». Avant d’ajouter :
« Précisément au début d’une guerre le besoin en énergie nécessaire au transport de troupes est gigantesque, mais au fond tout au long de la guerre du combustible doit être acheminé des lieux de stockage et/ou raffineries jusqu’au front où il est utilisé pour faire marcher les moteurs de la machine de guerre. Et justement quand une guerre ne se déroule pas directement sur le territoire où l’on vit, mais que la logistique d’approvisionnement en énergie des troupes passe par ce territoire, cela pourrait valoir la peine de s’occuper de plus près de cette infrastructure. »
De fait, toutes ces zones de raccordement s’intègrent au Central Europe Pipeline System (CEPS), le plus important réseau d’oléoducs de l’OTAN [25] financé en 1959. Pour alimenter en carburant les véhicules des forces armées des nations centre-européennes membres de l’OTAN, il traverse la FranceTM, l’AllemagneTM, la BelgiqueTM, les Pays-BasTM, le LuxembourgTM et peut être bientôt la PologneTM et la TchéquieTM (suite à un accord préliminaire d’octobre 2025 entre l’OTAN et l’opérateur polonais de pilelines PERN) [26]. Les ports de la zone de Le Havre-Port-Jérôme et de celle de Fos-sur-Mer-Marseille constituent des points de départ de ce réseau (avec Rotterdam, Anvers et Gand) pour alimenter 28 bases aériennes, six aéroports internationaux (Amsterdam, Liège, Bruxelles, Cologne, Francfort, Bâle, Zurich et Luxembourg), 34 dépôts de l’OTAN et 5 non-OTAN. Il intègre également le terminal pétrolier de Dunkerque et des liaisons avec les pipelines civils Le Havre-Paris (au départ du port du Havre-Port-Jérôme) et Donges-Melun-Metz (au départ du port de Nantes-Saint-Nazaire). Ce réseau alimente pour la majeure partie des activités civiles mais reste opérationnel si des forces militaires doivent s’y approvisionner pour leurs opérations. D’autres raffineries et terminaux méthaniers sont fermées dans ces zones, mais peuvent redémarrer si la conjoncture économique et militaire le demande [27]. Ce réseau de pipelines de l’OTAN, d’un diamètre de 15 à 30cm, a été attaqué plusieurs fois dans les années 1980 dans le cadre d’actions revendiquées par des groupes communistes [28].
[24] : Ce texte a été publié initialement sur le site zuendlappen.noblogs.org et a été traduit dans la brochure « Fragments pour une lutte insurrectionnelle contre le militarisme et le monde qui en a besoin », disponible sur sansnom.noblogs.org.
[25] : L’OTAN est une alliance militaire fondée à la fin des années 1950 sur un principe défensif (si l’un des membres est attaqué par une autre armée nationale l’ensemble riposte contre l’ennemi en question). Il regroupe également des capacités militaires communes. Les États-nations qui en sont membres sont ceux d’Amérique du nord et d’Europe. La FranceTM quitte l’OTAN en 1966 tout en restant membre de l’Alliance atlantique, puis en redevient membre à part entière en 2009.
[26] : La partie française est appelée oléoducs de défense commune en France (ODCF). Son exploitation effective est confiée à la société Trapil avec, en 2013, un effectif de 261 personnes au Central Europe Pipeline System (CEPS). Il assure la moitié des approvisionnements en produits pétroliers nécessaires aux Forces armées françaises, via les établissements du Service des essences des armées (SEA) qui lui sont rattachés. En 2013, le SEA est constitué de trois dépôts d’infrastructure à Orges, Bouy et Hesse (Moselle), et de cinq dépôts sur des bases aériennes à Nancy-Ochey, Saint-Dizier, Istres, Orange et Luxeuil. Si les forces armées sont les premiers destinataires, elles utilisent moins de 10 % des carburants en temps de paix et les 90 % restant sont destinés à des clients civils.
[27] : Du côté de Fos-sur-Mer, l’ancienne raffinerie de Berre, mise en service en 1931, est fermée en 2012. À Fos-sur-Mer, les terminaux méthaniers Antifer, FosFaster et Cap Tonkin sont fermé depuis 2011 puis abandonnés en 2014 et 2015. La raffinerie de Dunkerque est également fermée bien qu’une partie doit être reconvertie en stockage d’hydrocarbures.
[28] : En juin 1984, les Cellules Révolutionnaires (RZ) d’AllemagneTM ont fait sauter un pipeline près de Lorch en RFA. En décembre 1984, les Cellules Communistes Combattantes de BelgiqueTM ont détruit 6 relais de sécurité du réseau des pipelines de l’OTAN à travers la Belgique à l’aide de charges explosives placées dans des trappes d’accès disséminées sur tout le territoire, souvent aux abords des stations de pompage. En décembre 1985, la même organisation organisait le même type d’attaques et a dynamité des relais de sécurité. Simultanément, un groupe de Communistes Internationales en FranceTM dynamitait le Central Europe Operating Agency, le Quartier Général du CEPS au 11 avenue Général Pershing à Versailles. Ces attaques ont lieu pour des motifs anti-impérialistes qui considèrent que ce soit un moindre mal de taire la critique des États ou encore de bosser pour des groupes de résistance autoritaires et militaristes (mais excusés car victimes de la colonisation et de l’impérialisme) afin de lutter contre les impérialismes. De fait, c’était surtout l’impérialisme représenté par les États-UnisTM qui était attaqué par ce type de groupes.
+ sidérurgiques
Ces zones ont également en commun d’accueillir la majeure partie des activités sidérurgiques de FranceTM. Ce secteur a toujours été étroitement lié à la consommation d’énergie et à la guerre. Nécessitant beaucoup de charbon pour alimenter ses fours, il s’est développé pour permettre les guerres coloniales françaises (napoléoniennes notamment) et britanniques en produisant des boulets, bombes, grenades, canons et fusils pour l’artillerie et les arsenaux … Ces sites sont quasiment tous des sites Seveso, parmi ceux rejettent le plus d’émissions carbone ou considérés « électro-intensifs ». Pour autant, le secteur est en crise et le groupe ArcelorMittal, qui détient les plus grandes usines de ce secteur en FranceTM, a décidé de licencier 10 % de ces effectifs en réaction à cette crise et pour délocaliser ses fonctions support en IndeTM. Les deux plus grands complexes sidérurgiques se trouvent près des zones de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Près de Dunkerque, sur la commune de Grande-Synthe, l’usine ArcelorMittal (anciennement Usinor) a une des capacités de production les plus importantes d’Europe occidentale. Près de Dunkerque également, celle de Mardyck, en plus de la galvanisation de bobines d’acier pour l’automobile pour laquelle travaillent 450 personnes, a pour objectif de produire de l’acier dit électrique (doté de 3 % silicium pour des propriétés magnétiques) nécessaire aux moteurs électriques, turbines d’éoliennes ou aux transformateurs électriques. À l’aide de cinq nouvelles lignes de production et de 200 nouveaux employé.e.s, il serait question d’en produire plus de 150 000 tonnes chaque année à partir de 2027. Celle de Fos-sur-Mer, située près de l’embouchure du Rhône, emploie près de 2 500 salarié.e.s et 1 200 sous-traitants pour produire des aciers de spécialités pour l’automobile et d’autres industriels. Dans le but de remplacer les hauts fourneaux qui fonctionnent au charbon, des fours à arcs électriques doivent être mis en service dans les usines de Fos-sur-Mer et de Dunkerque (Grande-Synthe) d’ici 2027 / 2028. Une autre grande usine sidérurgique d’Arcelor Mittal Florange se trouve en Moselle non loin de Saint-Avold [29].
[29] : Ce complexe sidérurgique situé sur les communes de Hayange, Serémange, Ébange et Florange. Très ancienne, la force d’Hayange est boostée par les guerres coloniales napoléoniennes. Les autres guerres opposant souvent la FranceTM à l’AllemagneTM ont davantage déstabilisé son activité, cette industrie étant une des cibles premières des stratégies militaires qui s’opposaient. Il ne reste depuis 2020 qu’un laminoir à chaud, laminoirs à froid et lignes de revêtement de l’ancien complexe (ce qui est déjà beaucoup). Elle produit notamment des rails.
Près de Dunkerque, à Loon-Plage, Aluminium Dunkerque [30], premier producteur d’aluminium primaire de l’Union européenneTM, représente deux tiers de la production française d’aluminium pour des applications à forte valeur ajoutée (aéronautique, automobile…). À Fos-sur-Mer, la multinationale Marcegaglia a repris et investi 600 millions d’euros dans l’ancienne usine d’Ascometal pour y construire un four électrique et produire entre 1,8 et 3 millions de tonnes d’acier, notamment pour la défense nationale. À Dunkerque et Fos-sur-Mer toujours, deux usines d’Imerys produisent des ciments réfractaires nécessaires pour la construction de pas de tir de fusée (ou autres missiles on imagine) ou encore de fixations d’éoliennes et assurent chacune respectivement 20 % de la production mondiale de ciment d’aluminate de calcium. À Saint-Nazaire, les Chantiers de l’Atlantique [31] produisent, dans le cadre d’une commande de 4,5 milliards d’euros pour RTE, des sous-stations électriques pour les parcs éoliens de Normandie et d’Oléron, ainsi qu’un navire pour la pose d’éoliennes (projet Poséole) ou encore le futur porte avions de la Marine française (PANG) de 2027 à 2035. Pour s’affranchir du charbon et remplacer les hauts fourneaux, en plus de la construction de fours à arcs électriques, le recours à l’hydrogène [32] ou au gaz naturel se développe. Assez régulièrement, des incendies et autres accidents de travail viennent mettre leur activité à l’arrêt [33].
[30] : L’usine Aluminium Dunkerque consommerait l’équivalent d’une demi-tranche de réacteur nucléaire depuis la centrale nucléaire de Gravelines (1 % de la demande totale du pays en électricité, soit l’équivalent de la consommation de l’agglomération de Marseille). La production se fait par électrolyse pour extraire l’aluminium.
[31] : Avec une superficie de plus de 150 hectares, il s’agit de l’un des plus grands sites de construction naval au monde. Dans les années 1970, les Chantiers de l’Atlantique a livré pour la construction de pétroliers géants, et notamment des quatre plus grands pétroliers du monde. Ils produisent également des paquebots de croisière.
[32] : Autour de Fos-sur-Mer, GravitHy doit produire 2 millions de tonnes par an de fer réduit bas carbone et 120 000 tonnes d’hydrogène avec des électrolyseurs de 700 à 900 MW pour produire du HBI (Fer briqueté à chaud). Geosel à Manosque doit produire annuellement 15 000 tonnes d’hydrogène vert d’ici 2028 / 2030 par électrolyse grâce à une alimentation de 500 hectares de panneaux solaires flottants sur deux étangs de saumure (soit 800 MW/h par an). H2V veut produire lui 28 000 tonnes d’hydrogène par an dès 2028 puis 84 000 tonnes par an à compter de 2030. Le H2Med contient un gazoduc maritime qui doit acheminer de l’hydrogène renouvelable de Barcelone jusque Marseille. GRTgaz étudie également un hydrogénoduc de 150 km entre Fos et Manosque. Un pipeline d’hydrogène (une canalisation de 8 à 10 centimètres de diamètre), reliant la plateforme industrielle de Fos-sur-Mer à la Moselle ou à l’Alsace, est envisagé à partir d’un projet autour d’un électrolyseur de 20MW à Pierre-Bénite (Rhône) dans la Vallée de la Chimie (à proximité du barrage hydroélectrique, il passerait sous le Rhône), est envisagé. À Dunkerque, ArcelorMittal prévoir d’installer un réacteur DRI d’ici à 2027 (qui produit du HBI Fer Briqueté à Chaud utilisé dans les aciéries). Au Havre, entre 2026 et 2029, une usine d’Air Products et une usine de Qair doivent produire et stocker de l’hydrogène sur un site « clé en main » de 30 hectares dans le port du Havre et doivent approvisionner la raffinerie de Normandie de TotalEnergies de 70 000 tonnes d’hydrogène vert par an.
[33] : Le 8 octobre, un incendie a mis l’usine ArcelorMittal de Fos-sur-Mer à l’arrêt jusqu’au 22 décembre 2025. Il a été déclenché par l’inflammation d’une brique HBI (Fer Briqueté à Chaud) qui a incendié un tapis roulant, puis un autre, qui est tombé sur une sous-station électrique et l’a détruite. Le remplacement de cette dernière doit nécessiter encore quelques mois. Il s’agit de la même matière fabriquée à l’aide d’hydrogène dans les usines décrites précédemment.
+ ses gigas-usines
Histoire de boucler la boucle, on y trouve également les principales usines censées construire cette relance énergétique. Celles-ci sont pour la plupart conçues sous la forme de « giga-usines » : des usines gigantesques et ultra-numérisées (parfois assistées par IA et/ou par le biais d’un modèle numérique des flux circulant dans l’usine) de manière à optimiser la production en série. À Dunkerque, au cœur d’un bassin industriel porté par l’automobile et proches des régions industrielles automobiles allemandes et britanniques, on trouve les trois giga-usines de production de batteries électriques pour voitures de ACC (co-entreprise de Stellantis, Mercedes-Benz et une filiale de TotalEnergies) [34], Verkor à Bourbourg (qui doit démarrer en 2026) [35] et ProLogium à Dunkerque (dont l’ouverture est repoussée à 2028) [36]. Le groupe Blue Solutions (filiale de Bolloré) doit également construire une giga-usine dans l’agglomération de Mulhouse (donc dans la région Sud Alsace), peut être dans la commune de Wittelsheim, pour une mise en service à l’horizon 2030 afin de produire de quoi équiper 250 000 véhicules par an [37]. Malgré des investissements conséquents, l’avenir du secteur est fragile et dépend principalement de l’interdiction à la vente de véhicules neufs thermiques à partir de 2035 [38] pour que les voitures électriques deviennent la norme. Le groupe Eramet devait construire une usine hydro métallurgique de recyclage de batteries à Dunkerque mais a suspendu ce projet en constatant un manque d’approvisionnement en matières premières et un manque de débouché pour les métaux issus du recyclage ainsi qu’une absence de « montée en puissance en Europe des usines de batteries ». Cela n’empêche pas Orano et XTC New Energy de poursuivre leur projet de trois usines à Dunkerque, représentant 1,5 milliards d’euros d’investissement et 1 300 emplois, pour recycler 220 000 à 250 000 batteries de véhicules électriques par an dès 2026 et alimenter les deux usines voisines. Une usine de raffinage de lithium, portée par Livista Energy, doit également être construite au Havre, avec un accès direct au Grand canal du Havre qui conduit à la Manche, pour raffiner d’ici 2030 80 000 tonnes de lithium par an (soit 1 500 000 voitures électriques) [39].
[34] : Alors qu’elle annonçait une production de 2 000 batteries par jour, la giga-usine ACC n’en produit qu’une centaine et a laissé tomber ses deux projets d’usines de batteries en AllemagneTM et en ItalieTM.
[35] : L’usine de Verkor, qui doit employer 1 200 personnes, a été inaugurée en décembre 2025 et doit démarrer sa production début 2026. Elle vise une capacité d’approvisionnement de 300 000 véhicules électriques par an, en grande partie destinée à Renault pour les Alpine.
[36] : La construction de l’usine de ProLogium doit être repoussée d’un an pour développer une batterie solide. En attendant, ProLogium travaille sur une solution intermédiaire de batteries céramiques au lithium considérée comme semi-solide. La construction doit débuter début 2026 pour un lancement de la production au premier semestre 2028.
[37] : La technologie de ces batteries solides sont en Lithium-Métal-Polymère que le groupe Bolloré seraient les seul.e.s au monde à maitriser. Un centre de Recherche et Développement avec une première ligne pilote doit être mises en service en 2026 dans la communauté de communes de Quimper (Finistère).
[38] : Cet objectif est fixé depuis 2022 par le gouvernement français. Volkswagen a indiqué que 100 % de ses véhicules vendus en 2035 seront électriques et Renault s’est donné pour objectif d’arriver à ce que 90 % des véhicules vendus soient électriques d’ici 2030. Le 16 décembre 2025, l’Union EuropéenneTM a renoncé à cette interdiction en considérant avec la filière automobile l’objectif inatteignable, mais maintient des restrictions avancées en la matière.
[39] : L’usine doit être construite sur une parcelle de 27 hectares près du port du Havre, issu d’un site « clé en main France 2030 » partagé avec l’usine d’hydrogène d’Air Products et celle d’hydrogène et de méthanol Qair sur 60 hectares de foncier. Une première tranche doit démarrer d’ici à 2028 puis une seconde en 2030. Le port en eau profonde du Havre offre des infrastructures logistiques idéales pour approvisionner l’usine en matières premières et exporter le lithium raffiné destiné aux batteries électriques. Ce projet a été reporté récemment pour intégrer la technologie de batteries LFP (lithium-fer-phosphate), moins chère mais aussi moins performante que les batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt).
À Fos-sur-Mer on retrouve la giga-usine Carbon [40], qui cherche à développer toute la chaîne de valeur de la production de panneaux photovoltaïque (une première dans l’Union EuropéenneTM), et doit fabriquer 10 millions de panneaux par an (soit 5 GW) à partir de fin 2026. Au cours de l’année 2026, les travaux doivent commencer pour la giga-usine d’Holosolis à Hambach [41] dans la zone de Saint Avold (où des gens luttent contre la destruction d’une forêt par une mine de charbon) qui doit démarrer sa production à la fin de l’année / début 2027 pour atteindre 10 millions de panneaux par an (soit 5GW) en 2028. Ce serait alors la plus grande usine de panneaux photovoltaïques d’Union européenneTM, située à quelques kilomètres de la frontière allemande et à pas plus d’une journée de route de 85 % du marché européen (FranceTM, AllemagneTM, BeneluxTM, ItalieTM, PologneTM…). À Le Havre- Port Jérôme, l’usine Siemens Gamesa [42], leader mondial de l’éolien en mer, doit fabriquer des pales et assembler les génératrices et nacelles éoliennes en mer. Elle serait particulièrement stratégique pour le programme éolien en mer français. Toutes ces usines sont sur-financées par les pouvoirs publics (Union EuropéenneTM, État français, administrations régionales…).
[40] : Cette giga-usine comprendrait une fonderie de lingots de silicium, des ateliers de découpe de plaquettes de silicium (wafers), des salles blanches pour la fabrication des cellules, des ateliers d’assemblage des modules et des entrepôts logistiques – sur environ 60 hectares d’installations industrielles au Grand Port Maritime de Marseille. Elle doit être approvisionnée en électricité par deux lignes de 225 000 volts sur 700 mètres de long en souterrain depuis le poste de darse du Port (en plus des panneaux sur le toit et les ombrières de parkings), et en eau puisée dans le canal d’Arles à Bouc relié au Rhône. Les travaux doivent commencer fin 2025 jusque fin 2027. Afin d’amorcer la production de cette giga-usine, Carbon a acquis l’usine de Photowatt à Bourgoin-Jallieu (Isère), seul fabricant de lingots de silicium en FranceTM, pour lancer une production pilote et profiter des compétences de ses 170 salarié.e.s. En plus de cette giga-usine, une usine d’assemblage est envisagée à Aix-Marseille (Carbon One) et un laboratoire à Istres (Carbon Lab) sur un terrain de 13,9 hectares et des bâtiments désaffectés au même rythme que la construction de la giga-usine.
[41] : Ce site de cinquante hectares doit accueillir 18 hectares de bâtiments : un de 500 mètre de long destiné à la production des cellules photovoltaïques et un de 350 mètres de long dans lequel doivent être fabriqués et stockés les panneaux. 1 900 salarié.e.s doivent participer à la production, assistée par IA pour traiter une masse considérable de données et managée à l’aide d’un jumeau numérique de l’usine. Une partie de l’électricité doit être produite sur place par les panneaux photovoltaïques sur les toits des bâtiments et les ombrières des parkings. L’autre partie doit être acheminée par RTE par l’installation d’une ligne Très Haute Tension ou Haute Tension arrivant sur le site. Rappelons que la forêt de Hambach est occupée depuis 2002 par des personnes en lutte contre la destruction de celle-ci par l’agrandissement d’une mine de charbon exploitée par RWE. Pour en savoir plus : « La Culture Mangeuse de Monde. Entretien » dans le numéro 2 d’automne 2025 de la revue Sans Dessous Dessus. Apériodique pour chahuter l’extractivisme
[42] : Sur un terrain de 36 hectares sur le quai Joannès-Couvert, l’usine Siemens Gamesa doit créer 750 emplois directs et indirects liés aux activités de production, d’assemblage, de logistique et d’installation. Les éoliennes seront assemblées en mer à partir de composants préalablement assemblés sur le quai. Ils seront chargés sur des navires de levage spécifiques (jacket vessels) qui peuvent accoster sur le quai et se poser sur les fonds marins avec quatre « jambes/pieds » rétractables. Le site accueille aussi des zones de stockage ainsi qu’un hub logistique pour l’export des composants vers d’autres sites.
Partie 3 (des pistes) : comprendre le complexe électrique national + l’électrification des complexes portuaires→ par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?
En nous intéressant à la relance énergétique, l’idée est de mettre à nu le corps de la domination industrielle qui permet la production capitaliste. Pour mieux comprendre le fonctionnement du réseau électrique en général, on a lu L’électricité de la production à la consommation pour les Nuls de Renault Enguérand publié en 2023, et notamment la partie 4 « Les réseaux de transport et de distribution » des pages 190 à 258 et des documents de RTE [43] en accès libre. Il n’empêche qu’on peut écrire des imprécisions et des erreurs. Le réseau électrique est équipé d’une multitude de postes électriques [44] et de lignes électriques Très Haute Tension (THT, 400 000 volts) et Haute Tension (HT, 225 000) [45] et le raccordement des zones de mutualisations (précisé plus bas) passe par des rénovations en ce sens. RTE investit une cinquantaine de milliards d’euros pour cela, dans le cadre d’un plan de financement de 100 milliards d’euros par lequel RTE envisage également de rénover ses infrastructures pour les adapter au réchauffement climatique. De plus, un autre investissement essentiel concerne le renouvellement et la modernisation du réseau de télécommunications. Celui-ci est composé d’un réseau de fibre optique noire propre à Arteria (filiale télécoms d’RTE) qui suit les tracés des lignes électriques du haut des pylônes et redescend parfois se connecter dans des postes électriques [46], ainsi que de réseaux plus traditionnels opérés par des tiers comme le réseau cuivre, les réseaux de fibre optique qui circulent sous des plaques d’égout jusqu’à des baies de répartitions (ou armoires) ou encore des antennes-relais qui communiquent par faisceaux hertziens (pour les postes reculés). Dans une logique de « smart grind » (« réseau intelligent »), ce réseau télécom surveille en permanence l’état du réseau électrique, à l’aide d’innombrables capteurs et faisceaux qui acheminent l’information jusqu’aux centres de conduite ou « dispatching ». C’est depuis ces centres de conduite [47] que des ordres sont envoyés aux différents équipements du réseau pour éviter la propagation des pannes électriques en les isolant du reste du réseau (et empêcher de potentiels black-out [48]). Sans cette logique de « smart grind », le réseau électrique s’effondrerait sans doute de lui-même étant donné que les coupures automatiques de lignes électriques en raison d’un problème (souvent lié à la foudre) sont légion (entre 5 000 et 10 000 par an). D’ici 2030, 100 % des postes électriques essentiels à la conduite du réseau doivent être équipés de deux lignes télécoms [49] et le réseau cuivre doit être retiré ou remplacé par Orange par des solutions de fibre optique ou faisceaux hertziens [50].
[43] : Au sujet de RTE : « RTE gère un réseau de transport de plus de 106 000 km de lignes à haute et très haute tension et emploie environ 10 000 salariés pour alimenter 500 clients industriels et desservir 2 500 postes-sources à l’interface avec les réseaux de distribution. Il est également responsable du raccordement des nouvelles unités de production d’énergie renouvelable les plus puissantes (champs d’éoliennes offshore, éoliennes terrestres, fermes photovoltaïques), ainsi que des interconnexions avec les pays voisins. RTE investit fortement dans le développement du réseau, mais aussi dans le numérique pour optimiser l’utilisation et l’efficacité du réseau. » (p.205-206). Pour apprendre l’exploitation, la maintenance et l’ingénierie des ouvrages électriques haute et très haute tension, la filiale d’RTE Cirtéus proposent des formations dans le centre de formation RTE de Jonage.
[ 44] : Les transformateurs sont inclus dans des poste-sources, de gigantesques postes électriques : « On peut les imaginer comme les connexions nerveuses qui, au sein du cerveau, relient les neurones. Dans cette image, les neurones seraient les « postes électriques » : c’est là que se concentrent tous les moyens de connaître et contrôler ce qui se passe sur le réseau. » (p.230)
[45] : « Plus la tension est élevée, moins il y a de perte d’électricité. La haute et la très haute tension permettent donc de transporter de l’électricité sur de longues distances en perdant le moins d’énergie possible. » (p.204)
[46] : RTE équipe son réseau électrique de son propre réseau de télécommunications par le biais de sa filiale Arteria créée fin 2002 (à l’image de SNCF et de sa filiale Terralpha qui fait la même chose le long des voies ferrées) qui exploite les 25 000 km de fibre optique installés sur les points hauts des pylônes du réseau électrique français. Bien que nous avons pas trouvé plus d’informations à ce sujet, elle posséderait un petit data-center à Nantes dans un local RTE réhabilité et souhaiterait en disposer d’un autre à notamment à Marseille. Elle intègre également une interconnexion de fibre optique au projet de câble électrique sous-marin « Celtic Interconnector » de 700MW entre les réseaux électriques de FranceTM (RTE) et d’IrlandeTM (Eirgrid) et les postes électriques de Knockhara (près de Cork) et La Martyre (près de Brest) dont la mise en service est prévue pour printemps 2028. Employant 17 salariés au 2 place des Vosges à La Défense (Courbevoie), elle loue également ses services sur les pylônes du réseau électrique français, qui permet des itinéraires différents que ceux empruntés par les opérateurs télécoms traditionnels et donc une solution parallèle, aux clients qui le demandent. Elle offre également une solution au déploiement des data-centers dans des endroits éloignés des principales zones d’interconnexion (Paris et Marseille) en proposant une solution de connectivité : c’est ainsi qu’une liaison Paris-Lille aboutissant au data center d’Etix dans le nord de la métropole de Lille a été établie, et que ce partenariat Artesia-Etix doit être renouvelé pour un data-center à Nantes. Elle exploite aussi un « backbone » de 1 Tbit/s entre Lyon et Toulouse qui permet d’y rerouter instantanément le trafic de fibre optique en cas d’incident. Ce serait les seuls à faire cela selon le directeur Gilles Calligaro, avec une incidentologie sept fois inférieure aux réseaux terrestres classiques : « Les grands mâts de RTE, c’est ceinture et bretelles. Et honnêtement, qui s’amuserait à saboter un pylône à 400 kV ? ». Voir : https://fibre.wiki/index.php/Arteria
[47] : Le dispatching national serait situé à Saint-Ouen (Seine Saint Denis) et veille au maintien de l’équilibre offre-demande, à la maîtrise des flux et au plan de tension sur les réseaux nationaux et les interconnexions européennes. Il y a aurait 7 dispatchings régionaux mais il est envisagé d’en conserver seulement 3. Les Agences de conduite régionale (ACR) gérés par la société Enedis surveillent le réseau à l’échelle d’un ou deux départements sur les flux à moyenne tension et sont en interaction permanente avec les dispatchings régionaux de RTE. Pour étudier la téléconduite, des formations sont dispensées à Campus Transfo, le laboratoire technologique et industriel de RTE à Jonage dans l’agglomération de Lyon.
[48] : Avant un black-out, les centres de conduite tentent d’isoler la panne, et la commande déploie ensuite des solutions de délestage qui fonctionnent par paliers pour privilégier l’alimentation de zones « essentielles » comme les hôpitaux ou les commissariats. Ce n’est pas le sujet ici mais le livre L’électricité de la production à la consommation pour les Nuls décrit ce fonctionnement et présente plusieurs exemples de pannes électriques majeures.
[49] : C’est ainsi que RTE peut disposer d’un réseau autonome pendant 24 heures pour redémarrer le réseau en cas de black-out. À l’heure actuelle, 650 postes électriques essentiels (soit 80 % du total) sont déjà équipés d’une conduite en temps réel appartenant à RTE et résilient en cas de black-out. L’enjeu est d’installer d’ici 2028 un lien télécom exploité par RTE sur les 132 postes électriques restants. D’ici 2030, il est question que chaque poste dispose de deux liens télécoms.
[50] : Cela concernerait 3 400 installations réparties sur l’ensemble du territoire. La technologie la moins coûteuse sera installée est fonction des caractéristiques (proximité d’une infrastructure optique tiers utilisable, site déjà équipé de solutions numériques…). Selon un document de RTE, le principal enjeu « réside dans la bonne coordination entre le programme d’Orange et celui de RTE pour que les installations disposent toujours d’un lien de télécommunication (ou que la période sans lien de télécommunication soit la plus courte possible) » sachant que le programme d’Orange doit être connu 3 ans en avance.
L’électrification des complexes portuaires
En ce qui concerne la zone de Dunkerque, un nouveau poste-source THT nommé « Flandres Maritime » est en cours de construction depuis 2024 sur la commune de Saint-George-sur-l’Aa, pour remplacer à l’horizon 2030 (au bout d’une mise en service partielle prévue mi-2026) celui de Warande (situé à Bourbourg). Il doit diffuser dans le réseau l’énergie produite par les réacteurs nucléaires de Gravelines (la plus grande centrale de FranceTM) et sans doute du parc éolien en mer de Dunkerque (d’une capacité de 600MW et dont l’atterrage se trouve entre Grande-Synthe et Loon Plage). D’une superficie de 24 hectares et comptant 21 départs 400 000 volts, 12 départs 225 000 volts et 3 départs 90 000 volts, ce poste serait le « maillon essentiel de la colonne vertébrale électrique du territoire ». Il serait ensuite question de créer le poste électrique du Puythouck sur 16,5 hectares et de le raccorder par la création de trois liaisons souterraines à double circuit 225 000 volts aux cellules aériennes existantes de celui Grande-Synthe (qui transforme en 225 000 pour alimenter le grand port). Ces deux postes de Flandres Maritime et du Puythouck seront ensuite reliés par deux liaisons à double circuit 400 000 volts sur environ 10,5km afin de donner plus de résilience au réseau. Des restructurations du réseau électrique local à 225 000 volts (constitué aux abords du port par les postes de Grand Port et de Grande-Synthe) et 90 000 volts sont également envisagées par la création de liaisons souterraines aux abords des postes de Puythouck et Flandres Maritime pour démonter des lignes aériennes existantes. Une ligne THT doit également être construite d’ici 2030 entre le poste de Navarre (près de Petit Caux) en Seine Maritime et celui d’Argoeuvres (près d’Amiens) dans la Somme pour créer un axe de mutualisation entre ces régions et l’énergie venant des centrales de Paluel et de Penly d’un côté et de celle de Gravelines de l’autre (même si en regardant sur une carte, Amiens est bien plus au sud que Gravelines).
Dans la zone du Havre-Port-Jérôme, une ligne aérienne THT (400 000 volts) doit être créée sur 30km entre le poste-source de Rougemontiers (27) et celui de Havre (qui doit être par la suite remplacé par Noroit et raccourcir cette ligne THT [51]). Ensuite, une ligne souterraine de 225 000 volts doit être créée sur 20km entre les zones industrielles de Port-Jérôme et de Le Havre, c’est à dire entre les postes de Noroit et de Roseaux. Ces deux postes-sources doivent être construits pour l’occasion, le premier sur un terrain appartenant à RTE, à partir de fin 2029. La production d’énergie arrive des centrales nucléaires de Paluel (et plus tard peut être de Penly) depuis le poste de Vaupallière, et de l’autre côté de la centrale nucléaire Flamanville et du parc éolien Centre Manche 2 d’ici 2032 (d’une puissance de 1,5 GW et dont le raccordement se fait au poste de Tourbe à Bourguébus), depuis le poste de Rougemontiers (27). Les parcs éoliens en mer Fécamp Grand Large 1 et 2, envisagés à l’horizon 2035, d’une puissance de 2GW chacun, doivent eux directement être raccordés à cette zone par les postes de Noroit et Roseaux. De l’électricité arrive également du parc éolien en mer de Fécamp d’une capacité de 500MW jusqu’au poste de Sainneville-sur-Seine, puis par liaison souterraine de 12 km jusqu’au port du Havre (poste de Pont VII).
[51] : La zone est également alimentée par une liaison 225 000 volts depuis le poste de Vaupalière par deux liaisons 225 000. Les postes HTB3 (400 000) de la zone sont Havre qui doit être remplacé par Noroit, les postes HTB2 (225 000) sont Havre, Noroit, Roseaux, Marais de Radicatel, Gabion, Pont-Sept, Port-Jérôme, Ratier, Sainneville et Sandouville. Les postes HTB1 (90 000) sont Antifer, Auberville, Bleville, Charles-Laffitte, Criquet, Ecrainville, Fécamp, Gabion, Montivilliers, Pont-Sept, Port-Jérôme, Ratier, Sainneville, Saint-Jean-de-Folleville et Sandouville.
[52] : Les parcs éoliens en mer sont raccordés par liaison sous-marine en courant continu depuis la plateforme en mer (transformateur maritime) du parc jusqu’une jonction d’atterrage sur le littoral qui connecte liaison sous-marine et liaison terrestre. Ensuite une liaison souterraine transporte l’électricité (toujours en courant continu) jusqu’une station de conversion terrestre qui la convertit en courant alternatif pour l’adapter au réseau électrique terrestre (souvent à côté du poste-source qui sert de raccordement). Les localisations précises des éléments de ce circuit sont souvent trouvables sur internet selon chaque parc éolien en mer spécifique.
(avant)
(après)
Le raccordement de la zone de Fos-sur-Mer-Marseille dépend de la création, devant aboutir en 2030, d’une ligne électrique THT (400 000 volts) aérienne à double circuit sur 65km entre les postes-sources de Jonquières-Saint-Vincent (30) et Feuillane, proche de Fos-sur-Mer (13). La structure du réseau électrique dans la zone du Golfe de Fos s’articule autour d’un axe 400 000 volts reliant la vallée du Rhône à la Provence, composé des postes électriques de Tavel (Drôme) et de Réaltor (Bouches-du-Rhône) et d’une architecture plus générale de 225 000 volts qui dessert le littoral (composée autour de la zone industrielle par Darse, Feuillane et Lavéra). Sans ce renforcement du poste HT (225 000 volts) de Feuillane depuis Jonquières-Saint-Vincent, celui-ci ne serait supporté que depuis le poste-source Réaltor, relié au poste-source de Tavel d’où l’énergie de la centrale nucléaire de Tricastin semble rentrer dans le réseau. Entre 2026 et 2030, en plus du poste de Feuillane, le plus proche de la zone industrielle, doit être créé celui de Roquerousse d’une capacité de 400 000 volts, renforçant l’axe 400 000 volts Réaltor-Ponteau-Feuillane. Notons tout de même que même avec la création de cette ligne THT depuis Jonquières-Saint-Vincent, c’est toujours depuis le poste-source de Tavel que l’énergie provient, bien qu’un parc éolien flottant doit se raccorder directement au poste de Feuillane. Le poste de Feuillane doit être alimenté par les parcs offshore de la zone de Fos sur Mer (d’une capacité de 750MW à d’ici 2031-2035). RTE prévoit également le raccordement de la zone de Plan de Campagne (au nord de Marseille) pour l’accueil de nouveaux projets de data-centers [53], avec un premier palier à l’horizon 2030 d’une capacité de 320 MW et d’un second à l’horizon 2032 d’une capacité totale de 550 MW. Sans ce renforcement, cette zone, particulièrement propice à l’accueil de data-centers avec l’arrivée de 16 câbles sous-marins de télécommunications, est saturée en termes d’approvisionnement électrique. Il nécessite la création du poste HT (225 000 volts) Plan de Campagne et une restructuration du poste de Réaltor, reliant le premier par la création de deux lignes souterraines 225 000 volts de 4,5km en 2030. Puis d’ici 2032, une nouvelle restructuration de ces deux postes ainsi qu’une création d’une liaison souterraine de 9,5km. La mutualisation de la large zone de Midi Provence (et des besoins de la zone de Fos sur Mer) dépend du sens de transit des flux sur l’axe La Gaudière – Tavel sachant que le sens peut aller vers les interconnexions FranceTM – EspagneTM depuis La Gaudière [54]. Selon un document de RTE, l’axe Roquerousse – Réaltor resterait un point faible de ce réseau. Semble-t-il que les 5GW supplémentaires apporté à cette large zone Midi Provence (déjà saturée), sera utilisée pour moitié par les industriels.
[53] : Une deuxième zone privilégiée en FranceTM dans l’accueil de nouveaux data-centers et dont le raccordement est étudié par RTE est celle d’Ile de France Sud.
[54] : Le poste la Gaudière précède celui de Baixas en Pyrénées Orientales qui permet une interconnexion FranceTM EspagneTM de 2GW jusqu’au poste de Santa Llogaia en Catalogne depuis 2015.
Le raccordement de la zone Nantes-Saint-Nazaire (« Loire Estuaire ») [55] dépend de la création préalable du poste « Donges Ouest » (qui doit changer de nom à l’issue de la concertation dite « Fontaine » au sujet des raccordements). En 2030, celui-ci doit être étendu avec la création d’un jeu de barres. Deux liaisons souterraines (225 000) doivent être créées entre ce poste de Donges Ouest et le poste de Prinquiau, dont l’une ferait 12 km. Une autre ligne souterraine (225 000) doit être créée entre Donges Ouest et Guersac sur 8 km. En 2030, un 5e autotransformateur du 400 000 au 225 000 Volts sur le poste de Cordemais (HTB3), puis d’un sixième en 2031 ainsi que des travaux des tronçons souterrains vers Guersac, Prinquiau, Donges Ouest… Alors que la centrale à charbon de Cordemais devait arrêter sa production en 2022, elle a été prolongée jusqu’en 2027 (et peut être plus par la suite) pour approvisionner le réseau d’1GW. Sa fermeture sera envisagée [56] lorsque d’autres approvisionnements viendront compenser son apport, notamment par la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) ou avec la mise en service progressive des parcs éoliens de Saint-Nazaire et de Saint-Brieuc ou de Centre Manche 1 et de Fécamp ou la centrale à gaz de Landivisiau. Ces approvisonnements devraient arriver toujours par le poste de Cordemais ou par celui de Prinquiau.
[55] : Un document précise que, dans cette zone, les postes électriques HTB2 qui transforment du 225 000 volts sont ceux de Donges Ouest, Saint Nazaire, Prinquiau, Guersac, Cordemais et Grandes-Rivières. Les postes électriques HTB1 qui transforment du 63 000 volts se trouvent à Donges Ouest, Donges, Guersac, Saint Nazaire, Heinlex, Guérande, La Baule, Montoir, Brivet et Trignac.
[56] : Plusieurs options semblent évoquées pour l’avenir de ce site de 130 hectares sur la rive nord de la Loire : miniréacteur nucléaire (SMR), site de Framatome pour produire des éléments de la tuyauterie pour le circuit secondaire principal des nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, non produits par l’entreprise actuellement, stockage énergétique en lien avec les électrolyseurs des champs éoliens offshore…
(avant)
(après)
→ Par où (re)commencer à démanteler le complexe militaro-industriel ?
C’est sans doute plus intéressant d’essayer de répondre à cette question en en discutant de vive voix, en espérant que ce travail soit un support pour de vives discussions et de vives contributions !
Pour se quitter sur une inspiration, on se permet de relayer l’action du groupe Volcan, qui a incendié cinq câbles de 110 000 volts et des câbles de 10 000 volts d’une centrale à gaz fossile, à Berlin samedi 3 janvier vers 6h30. Rappelons tout de même que c’est très dangereux : toutes les tensions au-delà de 50 volts sont potentiellement mortelles… Et en incendiant un câble pour le détruire, l’idée est que l’isolant fonde jusqu’à ce que la partie conductrice apparaisse… C’est d’ailleurs ainsi qu’iels ont pu provoquer un court circuit : en disposant des barres d’acier sur les câbles et que leurs courant respectifs s’entrechoquent une fois l’isolant brûlé. De plus, si un câble qui n’est pas relié à la terre perd son isolant ou se coupe, l’électricité peut partir dans l’air et c’est très dangereux pour les personnes qui se trouvent aux alentours ! Dans tous les cas, l’action du groupe Volcan a semble-t-il dépassé leurs attentes (à savoir exclusivement déconnecter la centrale à gaz du réseau) en provoquant un black out chez les riches. Même que plusieurs cambriolages ont pu avoir lieu dans les villas, supermarchés et distributeurs de billets ! Celle-ci, et les réappropriations qu’elle a rendu possible, nous montrent que les pannes électriques peuvent aussi être pensées comme des choses heureuses, des opportunités à saisir. Cultiver un tel état d’esprit est sans doute indispensable si l’on veut s’affranchir du complexe militaro-industriel et du conditionnement qu’il nous a imposé.
https://sansnom.noblogs.org/archives/27208 :
[Samedi 3 janvier à Berlin, vers 6h30 du matin, le « groupe Volcan : Couper le jus aux dominants » a incendié plusieurs câbles de la centrale à gaz fossile située à Lichterfelde. Cela a eu pour conséquence d’interrompre la fourniture d’électricité à 2200 entreprises et à 45000 foyers (soit 100 000 personnes), dans différents quartiers huppés du sud-ouest de la capitale allemande (Lichterfelde, Zehlendorf, Nikolassee, Wannsee). Concrètement, cinq câbles de 110 000 volts (haute tension) et dix câbles de 10 000 volts (moyenne tension) ont été détruits par cet incendie volontaire, à l’endroit où ils franchissaient le canal de Teltow sur une passerelle dédiée, déconnectant du réseau berlinois la partie « électricité » de la centrale à gaz, tandis que sa partie « chauffage urbain » était préservée. L’opérateur municipal Stromnetz Berlin a immédiatement eu recours à des solutions de contournement pour rétablir 7 000 foyers et 150 entreprises prioritaires, tout en annonçant que le rétablissement complet (et provisoire) du réseau ne sera pas effectif avant jeudi prochain, 8 janvier. Mardi soir, près de 25 500 foyers et 1 220 entreprises étaient encore privées de courant, dans ce qui a été qualifié de « pire attaque terroriste jamais perpétrée contre les infrastructures critiques de la capitale » par un des principaux journaux berlinois (Berliner Zeitung, 6 janvier).
A noter aussi, que saisissant l’occasion du black-out chez les riches, plusieurs expropriations ont eu lieu : entre samedi et lundi soir, les autorités ont par exemple recensé 7 cambriolages/vols réussis et 13 tentatives, concernant aussi bien villas que supermarchés ou distributeurs de billets, les conduisant à déployer chaque nuit 450 flics supplémentaires et un hélicoptère équipé de caméras thermiques et de projecteur dans ces quartiers. Dès dimanche, la ministre régionale (SPD) de l’Intérieur avait d’ailleurs décrété l’état d’urgence, facilitant ainsi l’intervention de l’armée et de la police fédérale. Côté antennes de téléphone portable mises en tilt, Vodafone a annoncé 27 sites coupés (sur 39), Telekom 17 sites touchés (sur 29), tandis qu’O2 en recensait 18. Deux jours plus tard, la couverture de la téléphonie mobile est revenue au sud-ouest de Berlin, mais reste en mode dégradé. Et idem pour les lignes de S-Bahn (S1 et S7) et celle du train express régional (RE7), qui toutes ont été interrompues, puisque leur poste d’aiguillage a lui aussi été privé de jus. Et petite cerise sur le gâteau, une vingtaine d’écoles resteront également fermées jusqu’à mercredi.
Rappelons qu’en mars 2024, un « groupe Volcan : EteindreTesla ! » avait revendiqué l’incendie d’un pylône à haute-tension à Berlin alimentant la Gigafactory de cette entreprise (lire ici leur premier communiqué à ce propos, et là leur second), tandis qu’en septembre 2025 « Quelques anarchistEs » avaient déjà provoqué un black-out partiel dans la capitale allemande, lors du sabotage antimilitariste d’un pylône alimentant le plus grand parc technologique d’Europe (voir leur communiqué ici) .
On trouvera ci-dessous une traduction partielle (en attendant la version complète) du texte de revendication du « groupe Volcan : Couper le jus aux dominants », publiée dès le lendemain 4 janvier sur le site switchoff, titrée : « Bonne année 2026. Courage ! ».]
BONNE ANNÉE 2026. COURAGE !
(Introduction du communiqué)
Nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir des riches.
Nous pouvons amorcer la fin du mode de vie impérial.
Nous pouvons mettre un terme au pillage de la planète.
A cause de la quête d’énergie, la Terre est épuisée, vidée, brûlée, maltraitée, incendiée, violée, détruite. Des régions entières deviennent inhabitables sous l’effet de la chaleur. Elles sont littéralement brûlées. Ou bien ce sont des habitats qui disparaissent sous les flots lors d’inondations, ou en raison de l’élévation du niveau de la mer.
La fermeture des centrales thermiques est un travail manuel. Ayons du courage.
Nous savons que nous devons mettre fin à cette destruction. Nous savons que nous ne sommes pas seuls. Ne perdez pas espoir en un monde où la vie a sa place, et non plus la soif d’argent, de pouvoir et de destruction.
Cette nuit, nous avons saboté avec succès la centrale à gaz de Berlin-Lichterfelde. Des coupures de courant ont eu lieu dans les quartiers aisés de Wannsee, Zehlendorf et Nikolassee. Les coupures de courant n’étaient pas le but de notre action, mais plutôt l’industrie des énergies fossiles. Nous présentons nos excuses aux personnes les moins aisées du sud-ouest de Berlin. En revanche, notre compassion pour les nombreux propriétaires de villas dans ces quartiers est limitée. Nous expliquons pourquoi dans notre texte ci-dessous.
Notre action, orientée vers le bien commun, est socialement bénéfique. Nous nous en expliquons également de manière plus détaillée dans notre revendication relative à l’action.
L’attaque contre la centrale à gaz est un acte de légitime défense et de solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui protègent la planète et la vie. Les infrastructures qui servent à l’« agression technologique » et entraînent la destruction de la planète peuvent être sabotées. La production d’énergie fossile peut être arrêtée. Les métropoles-smart city, comme Berlin est en passe de le devenir, peuvent être bloquées. A travers Stromnetz Berlin [gestionnaire du réseau électrique de la capitale], c’est un élément constitutif de cette vision-catastrophe d’une ville « intelligente » qui a été touché.
Il va sans dire que nous avons exclu à chaque instant tout danger pour la vie humaine.
Notre revendication détaillée est jointe à ce texte.
* * * *
(extrait de la revendication)
(…) Switch off pour la soif d’énergie, Switch off pour la gestion numérique de la vie, Switch off pour la progression de la destruction [de la planète].
Aujourd’hui, nous avons attaqué la centrale thermique à turbines à gaz et à vapeur de Lichterfelde. Cette centrale produit une puissance électrique totale de 300 MW à partir de gaz naturel. Notre objectif était les lignes à haute tension, afin de causer des dommages importants à l’entreprise. Nous avons mis le feu à la passerelle de câbles, qui n’est pas répertoriée publiquement et qui relie la centrale de Lichterfelde en enjambant le canal de Teltow, du côté des espaces verts. Nous avons également court-circuité les câbles brûlés à l’aide de barres d’acier qui traînaient par là.
L’entreprise d’énergie devra racheter de l’électricité en temps réel sur le marché libre afin de remplir les obligations qu’elle a contractées concernant la livraison d’électricité, dès que la panne sera constatée. Nous ne pensons pas avoir déconnecté 100 000 foyers du réseau électrique berlinois, mais seulement les avoir déconnectés du réseau de cette centrale à gaz. Le réseau énergétique à sécurité multiple reconnectera les foyers au réseau électrique très ramifié dans les plus brefs délais, via d’autres voies d’alimentation. L’achat d’énergie à court terme aux prix du marché peut être plus coûteux qu’au moment où l’entreprise l’avait initialement acheté à la bourse de l’électricité de Leipzig (EEX). Pour éviter de payer des pénalités contractuelles élevées aux différents consommateurs, elle n’a pas d’autre choix.
Nous avons court-circuité plus de vingt lignes 110 kV et n’avons pas inclus les conduites de chauffage urbain dans l’action. Mais nous ne pouvons pas exclure des répercussions sur le chauffage urbain.
Notre action diffère dans la pratique de celle menée à Adlershof le 9 septembre 2025 contre le parc technologique. Il s’agissait là d’une ligne d’alimentation qui négligeait la protection redondante. La situation était similaire avecle « groupe Volcan : Eteindre Tesla », qui a déconnecté Tesla du réseau en détruisant une ligne d’alimentation et a touché environ 5 000 foyers.
Dans notre cas, ce n’est pas l’électricité d’un bâtiment comme le parc technologique ou la Gigafactory qui sera coupée, entraînant une panne générale, mais ce sera la centrale électrique avec son vaste réseau de câbles qui sera déconnectée du réseau électrique. Elle continuera à produire de l’électricité, mais ne pourra plus l’injecter dans le réseau et donc plus la fournir. La capacité d’approvisionnement des foyers par d’autres centrales électriques reste toutefois intacte, ce qui est d’ailleurs l’intention des autorités et des géants de l’énergie. Néanmoins, il n’est pas exclu que notre action affecte davantage certaines stations de transformation.
L’approvisionnement en chauffage urbain (puissance thermique d’environ 690 MW) n’a pas été interrompu à cause de notre action.
Les foyers individuels ne sont pas la cible de cette action. L’objectif de cette dernière est de porter un coup dur à l’industrie gazière et à la cupidité énergétique.
Si des coupures prolongées surviennent dans les domicile privés, nous tenons à préciser qu’ils ne sont pas la cible de cette attaque. Cet effet n’était ni intentionnel ni calculé de notre part. À aucun moment nous n’avons mis en danger la vie humaine.
Comme nous ne pouvons pas être sûrs à 100 % des réactions en chaîne, qui ne relèvent pas de notre responsabilité, que pourrait entraîner la fermeture de la centrale à gaz, nous avons la demande suivante à adresser aux foyers qui pourraient être affectés : sonnez chez vos voisins. Pensez à aider les personnes âgées ou dépendantes en cas de panne de courant. Prenez soin de vous et des autres en vous entraidant solidairement. Informez-vous les uns les autres.
(…) Les attaques concrètes contre le parc technologique d’Adlershof [en septembre 2025], contre la Gigafactory de Tesla [en mars 2024], contre l’infrastructure de la centrale à charbon Reuter de Vattenfall [en juin 2023] et contre le nœud de communication de Vodafone à Adlershof [en août 2025] sont des points de référence pour notre attaque, tout comme les nombreuses actions militantes qui mettent l’accent sur la destruction de notre planète. Même si ces actes de sabotage entraînent des pertes financières importantes, ils ne peuvent, en tant qu’actions isolées (!), imposer un changement d’orientation politique. Mais ils indiquent une voie et une direction que nous recommandons à toutes les métropoles. Paralysez les infrastructures qui servent à « l’agression technologique » et entraînent la destruction de la planète. Le consensus sur la participation au projet d’un mode de vie impérial peut être rompu. Un mouvement social de masse contre la destruction mondiale des bases de la vie, contre toutes les guerres et le pillage des ressources va de pair avec la capacité de saboter les réseaux électriques et les artères énergétiques.
L’attaque contre la centrale à gaz est un acte de solidarité internationale avec toutes celles et ceux qui protègent la Terre et la vie. Notre résistance est multiple et, souvent, dans le brouillard de la désinformation, des différentes approches culturelles et des différences linguistiques, nous avons encore besoin de trop de temps pour reconnaître nos points communs. Mais nous sommes convaincus que dans l’obscurité, la lumière n’est pas loin. Si nous plaçons cette action dans le contexte d’une résistance mondiale, que ce soit aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie, en Chine ou en Russie, en Europe ou en Australie, contre toutes les formes d’oppression, de domination et de destruction de la Terre, nous sommes convaincus que nous serons entendus, que ces contributions seront traduites, que les contributions traduites nous parviendront, qu’une communication subversive aura lieu sur les chemins sinueux de la résistance, une communication qui se reconnaîtra. Et qui interviendra. Et ce, si possible sans effusion de sang, mais avec la détermination de couper le jus aux dominants.
Groupe Volcan : Couper le jus aux dominants
Nous ne pouvons plus nous permettre les riches
Initier la fin du mode de vie impérial
Fermer les centrales à combustibles fossiles est un travail manuel
Mettre fin au pillage de la planète
Liberté pour tous les antifascistes, les militant.es pour le climat et tou.tes les autres rebelles
29/01/2026
Publié sur manif-est.info Par exemple, une belle manif qu’on avait fait avec […] des bottes de paille etc, c’était contre la Dominique Voynet. Puisque pour la première manifestation qu’il y a... Lire la suite