Voici la lettre d’infos de BZL à télécharger :
L’hiver est là. La nature se repose un peu, nous un peu moins car derrière ses grilles, l’ANDRA en profite. Forages, inspections, restructuration du réseau d’eau, consultations publiques précipitées. L’énorme machine avance. Cette année, l’ANDRA avance également à coups de pression et menace l’expulsion de la gare. La dernière lettre d’info date de trop longtemps. Vous l’attendiez et « mieux vaut tard qu’encore plus tard » comme parfois on dit ici. Pour info, l’équipe qui gère la maison a subit une refonte de ses effectifs. Certaines copaines sont parti.es ou s’investissent dans d’autres collectifs et d’autres ont pris la relève, d’où le petit retard de cette lettre. Voici un petit récapitulatif des gros événements passés et de ceux à venir. N’oubliez pas que le site de bureburebure.info est aussi un bon moyen de suivre nos différentes actualités.
Après 8 années de procédures éprouvante, la mascarade judiciaire s’est enfin achevée !
« La peine, c’est la procédure » dénoncent nos ami.es devant les juges alors que ceux-ci s’apprêtent enfin, au bout de huit années de procédure, a faire profil bas en abandonnant l’ensemble des charges et en relaxant définitivement les trois camarades. La joie est immense de voir cette enquête aussi monumentale qu’absurde se terminer mais cela ne nous rendra jamais les années perdues en perquisitions, en auditions, en contrôles judiciaires, en interdictions de territoire, en surveillance systématique et autres violences ordinaires du système judiciaire et policier. Même relaxées, toutes les personnes un jour inquiétées ou mises en causes dans ce dossier ont déjà purgé leur peine et rien ne viendra l’effacer. Mais à l’heure de cette victoire et face à l’ampleur de la lutte qui nous occupe contre le nucléaire, ce n’est pas l’accablement qui domine mais bel et bien la colère et l’envie de continuer à se battre plus que jamais :
« Aujourd’hui libéré·es de ce poids indu que l’on a fait peser sur nos épaules, nous allons persister à faire ce qui nous a toujours animé sur ce territoire du sud meusien : nous allons lutter, de toutes nos forces, avec notre joie et notre créativité – avec notre colère aussi – contre ce monde de ruines et de contamination que prépare l’industrie nucléaire. Nous allons organiser des manifestations, rassembler des gens, retrouver des ami·es et en rencontrer d’autres, nous allons défendre les lieux que nous aimons et empêcher leur destruction. Nous allons avancer collectivement. Et puisque c’est précisément cela qui nous a été reproché durant tant d’années, nous pourrions tout aussi bien l’exprimer ainsi : aujourd’hui, nous allons récidiver. »
Dans l’attente de la DAC (demande d’autorisation de création), l’Andra continue et accentue sa propagande à coups de stratégies démagogiques, de fausses consultations et d’une pléthore de publications mensongères. Rien à changer, son discours est plein d’angles morts sur la faisabilité et surtout la sûreté de CIGÉO. Dans ce contexte où cette machine infernale avance et nous menace, nous n’allions pas rester à attendre sans rien faire et nous avons lancé une grande dynamique d’info-tour partout en France. Nous avons été dans pas moins de 30 villes différentes ces derniers mois : de Lausanne en Suisse à Saint-Girons en Ariège. Et cela a continué cet hiver avec des soirées d’informations notamment à Verdun, Nancy et Strasbourg.
Si vous avez une idée de lieu qui pourrait nous accueillir, vous pouvez nous proposer de venir en écrivant à burepartout[at]riseup.net ! Pour parler encore mieux de la lutte à Bure, nous avons sorti une nouvelle brochure sur la lutte de bure qui est trouvable sur notre site bureburebure.info : « Comment on lutte à Bure – mai 2025 ».
En parallèle, pour soutenir et accompagner ces info-tours et les autres stratégies d’informations, l’équipe Automédia de la lutte de Bure a carBuré ces derniers mois. Ce n’est pas moins de 15 vidéos tournées à Bure qui ont été publiées sur la chaîne de la lutte : https://kolektiva.media/a/bureburebure/
Parmi toutes ces vidéos, on peut trouver deux courts métrages de 31 minutes et 23 minutes respectivement qui s’intitulent « 2015-2025 : 10 ans de luttes à Bure » et « Vivre et lutter à Bure en 2025 » très utiles pour parler de la lutte à Bure, la saison humoristique « Sur les barricades » tournées entre 2022 et 2023 à l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois ainsi que différentes vidéos thématiques pour parler de l’occupation de la gare ou de la manif du futur.
En seulement un mois, il y a eu à la fois une semaine de réparation vélo, une semaine de chantier à la maison de résistance pour refaire intégralement la cuisine, la fête des 20 ans de la maison de résistance ainsi qu’une semaine de formation médic !
La fête de la maison de résistance a été un grand succès. Les concerts des écureuils de l’A69 ont fait salle comble avec leurs textes écrits pendant un long siège de 22 jours par les gendarmes de deux arbres où étaient perchés 5 écureuil.les du 16 septembre au 7 octobre 2024. La fête s’est finie par une grande assemblée générale de l’association où on a présenté l’ensemble des activités de l’association pendant l’année 2024.
Les mois d’été, comme chaque année, foisonnent d’évènements et de rencontres militantes : on en a profité pour faire un petit infotour et aller parler de nos lutte contre le projet de poubelles nucléaires avec d’autres groupes en lutte et mieux connaître leurs enjeux à elleux !
Évidemment, nous sommes allé·es au camp Haro à la Hague contre le projet « Aval du futur » d’extension de l’usine de traitement des déchets. Les liens entre ces deux luttes sont forts et des liens militants et amicaux se créent au fil des rencontres. Les rencontres, riches en discussions et en échanges, ont finies avec une manifestation le samedi rassemblant environ un millier de personnes. Nous avons également tenu des stands et animé des conférences aux camps des Résistantes, rencontres qui se tiennent tous les 2 ans en soutiens à des luttes locales, où on a notamment commémoré les 80 ans de Hiroshima et Nagasaki. Enfin, nous nous sommes rendu·es aux rencontres anti-extractivistes No mine’s land dans l’Allier. Leur objectif était de mettre en lumière la lutte contre le projet d’extraction de lithium mené par la multinationale Imerys sur leur territoire, et de créer, renforcer les liens déjà existants entre les luttes s’opposant au renouveau des industries minières, en france ou à l’international. Pour conclure l’évènement, une manifestation était organisée le 27 juillet pour clamer l’opposition aux projets miniers mortifères et la solidarité avec les luttes au Portugal, au Niger, en Mongolie, en Argentine, en Serbie, au Congo, en Allemagne et partout ou on résiste à la voracité de l’industrie minière.
Quand des opposant·es au projet CIGEO ont acheté l’ancienne gare de Luméville, iels savaient qu’un jour ce terrain serait un caillou dans la chaussure de l’ANDRA et que cette dernière essaierait de l’expulser. C’est aujourd’hui que l’ANDRA essaie de récupérer le terrain pour y construire des rails pour dans un premier temps aider aux travaux et dans le futur transporter des déchets radioactifs. Pendant tout un mois, une centaine de personnes ont habité la Gare afin de préparer la défense du lieu, avoir des discussions stratégiques et se rencontrer. Une belle émulsion de personnes, habitué·es comme nouveaux et nouvelles venu·es, ont investi les lieux et ont fait émerger une vie collective de leur quotidien partagé : quelques super fanzine en conservent les traces. Mais septembre est infini, et c’est le 41 septembre (autrement appelé le 11 octobre) que l’occupation est devenue… illégale !
Les Rencontres de l’Imagerie Engagée Zigomatique ou Zouplaboum ont eu de nouveau lieu exactement 5 ans après leur première édition ! De nouveau les magnifiques affiches antinuk & affinités ont fleuri à la Maison de Résistance pendant ce week-end de rencontres. Sérigraphie, gravures, collages, photocopies… autant d’outils et de techniques qui se sont partagés joyeusement entre une trentaine de personnes. Autant d’affiches et de visuels qui ont pu être diffusés pendant Septembre Infini, et utilisés lors de la manifestation du 20 septembre !
La gare a accueilli l’exposition de clôture avec un concert de jazz, des crêpes et un grand soleil qui ont conclu cet intense week-end de créativité antinucléaire.
Samedi 20 septembre, plus de 1 500 personnes, joyeux·ses et déterminé·es, ont manifesté à Mandres-en-Barrois et Bure, malgré un très gros déploiement policier et les déclarations va-t-en guerre du préfet. C’est la plus grande manifestation dans ces villages depuis la construction du laboratoire de l’Andra. Un moment historique et festif, inauguré le matin par une vélorution – bien « protégée » par la police… – et rythmé au son de la fanfare, qui rappelle la force vive du mouvement anti-nucléaire. Un événement de bon augure pour l’avenir d’une résistance acharnée.
Rassemblé·es dans une démarche unitaire, avec les travailleurs et travailleuses de la Confédération Paysanne, de Solidaires, les organisations antinucléaires locales et nationales – la Coordination Stop Cigéo, le Réseau Sortir du Nucléaire, Arrêt Du Nucléaire – le mouvement pour le climat représenté par Greenpeace, des élu·es locaux et nationaux, cette manifestation a aussi été l’occasion de donner à voir notre opposition à la contamination nucléaire avec collectif Nos Voisins Lointains 3.11 pour la commémoration des 80 ans des catastrophes d’Hiroshima et de Nagasaki, et ses maladies radio-induites.
Nous avons donc marché une nouvelle fois avec notre lutte jumelle de la Hague, Piscine Nucléaire Stop, en opposition à l’extension des piscines nucléaires, alors que la Hague est déjà massivement confrontée à la présence toxique des déchets sur son territoire. Autour d’une multiplicité d’actions pour s’opposer au projet CIGEO d’enfouissement des déchets radioactifs, le cortège a démarré en fanfare dans les rues de Mandres en Barrois dans une ambiance festive et carnavalesque, avec de grandes marionnettes et un banquet ensoleillé. Peintures, décorations, balades champêtres, batucada ont accompagné les cortèges dans leur périple dans la campagne meusienne, criant haut et fort leur opposition aux projets nucléaires et autoritaires de l’État.
Même si les gendarmes n’ont pas encore le droit d’expulser la gare, cette dernière, dans l’aboutissement de la procédure d’expropriation, appartient depuis le 11 octobre 2025 à l’ANDRA puisqu’elle a racheté le terrain 40 000 euros aux propriétaires de la gare.
Cela n’empêche pas les opposant·es d’occuper le terrain et de s’organiser sur place pour empêcher la perte de ce lieu emblématique de la lutte, qui est nécessaire au projet CIGEO. En effet, si un message est passé clairement pendant le mois de Septembre à la gare de Luméville, c’est que par l’occupation et la défense du terrain ou par les recours et bidouilles juridiques : les opposant·es ne se laisseront pas faire.
Rappelons tout de même que la gare n’est toujours pas légalement expulsable tant qu’un juge ne publie pas une ordonnance d’expulsion. Une première date de procès a eu lieu le 5 novembre 2025 pendant lequel nous avions organisé un rassemblement de soutien devant le tribunal, avec comme résultat un renvoi de l’audience. Une autre audience s’est tenue le 11 février 2026 à Bar-le-duc. Le verdict sera donné le 23 mars. Affaire à suivre !
En parallèle de ces démarches judiciaires, l’ANDRA a commencé des fouilles archéologiques tout près de la Gare (dans le cadre de la DR0). Les travaux se sont déroulé pendant quelques jours début février.
Pendant que nous nous organisons pour lutter contre l’emprise de l’industrie du nucléaire et ses dangers, l’ANDRA continue d’avancer ses pions.
Suite au gigantesque dossier réglementaire 0 dit « DR0 » de 12 000 pages, l’ANDRA a obtenu l’autorisation de mener de nombreux travaux de forages, fouilles archéologiques et études géotechniques. Les panneaux de permis de construire fleurissent autour du laboratoire et les engins de mesure s’activent en ce moment même dans la vallée de l’Ornain. Le bois Lejuc, qui a été occupé par les opposant.es entre 2016 et 2018, n’est pas épargné par les travaux.
En octobre dans le cadre des travaux préparatoires à CIGÉO de la DR0, l’ANDRA a délégué à la SNCF qui a elle-même délégué à l’entreprise (non-meusienne) ABO-ERG la réalisation de travaux pour déterminer si oui ou non le tracé de la voie ferrée pourrait bien accueillir des convois de déchets nucléaires hebdomadaires pendant une centaine d’années.
Des forages ont déjà été réalisés par exemple sur l’ancienne voie ferrée. Un groupe de militant·es sont allé·es s’informer directement auprès des ouvrier·es, qui réalisaient des forages à l’aide de deux grosses tarières sur un pont ferroviaire. Iels ont pu avoir des informations sur ces travaux, étalés sur plusieurs mois et se déplaçant plusieurs fois par semaine le long du tracé entre Nançois et Gondrecourt pour faire des forages à la pelle, sondages et autres installation temporaire de tubes piézométriques.
Les opposant.es ont publié sur bureburebure.info une carte interactive de ces travaux afin de surveiller et agir collectivement contre les méfaits de l’ANDRA. Ne laissons pas les nucléocrates avancer sans résistance !
Depuis la dernière lettre d’information, il y a eu pas moins de quatre chantiers différents dans la Maison de Résistance : une rénovation intégrale de la cuisine en début d’été (adieu les éviers trop profonds pas pratiques !) et une nouvelle dalle de béton dans la grange pour égaliser des endroits bien abîmés. En parallèle du camp de Septembre Infini à la gare, a u lieu un chantier terre-paille utilisant la terre argileuse du jardin pour isoler la surchauffe, nouvelle pièce construite en décembre dernier. Et tout récemment en novembre, un chantier pour améliorer le couloir qui mène à la salle multi (isolation, construction d’étagères pour stocker du matériel et des légumes hors gel, etc.).
On prévoit dans les prochains mois la rénovation de la toiture, qui commence à en avoir bien besoin. Par ailleurs, un grand chantier de printemps est prévu en mai : isolation/création de nouveaux espaces, pose de nouvelles fenêtres, amélioration du parking autour de la maison… Tout ces chantiers nous permettront d’avoir un espace plus accueillant et confortable pour héberger militant·es et évènements en tout genre et continuer à faire vivre la Maison !
On en parle à toutes les lettres d’information tellement les travaux des différents lieux collectifs s’étalent sur de nombreuses années. Comme nous vous l’avions dit, les toits des lieux collectifs de la zone sont en mauvais état et une équipe de charpentièr.es travaille dur pour les entretenir.
L’année dernière, les travaux sur les toits de l’Augustine et de l’Affranchie ont continué. En deux ans, environ un tiers de la toiture de l’Augustine a été remise à neuf et un quart de celle de l’Affranchie. Cette année, les travaux continueront sur les toitures de ces deux granges et on commencera également des travaux sur le toit de la Maison de Résistance. On prépare donc entre début avril et fin juin plus de deux mois de chantiers avec un chantier réservé aux personnes formées aux métiers du toit en avril-mai (pendant 4 semaines), puis un chantier-école ouvert à toustes en juin (pendant 2 semaines).
Si cela vous intéresse de participer à ces chantiers de toiture, contactez l’adresse mail besoin_de_toit[at]autistici.org ! Et si vous ne pouvez pas venir mais souhaitez soutenir la réparation des toitures des lieux de lutte contre CIGEO, n’hésitez pas à nous soutenir financièrement car les travaux de toiture coûtent très chers.
Voici les nouvelles pour les fans et autres groupies de nos stars préférées. Cet été, notre groupe local de goguettes antinucléaires a eu un franc succès! On ne compte plus les concerts qu’iels ont donné en Meuse ou ailleurs avec leurs magnifiques reprises de tubes.
Leur répertoire s’agrandit également et une brochure est même sortie avec toutes leurs paroles, elle est trouvable sur le site bureburebure.info ! A noter que les freemeuses ont fait sensation à la Hague pendant les rencontres Haro avec leur reprise de la chanson des jumelles de Michel Legrand pour parler des luttes jumelles contre ORANO à la Hague et CIGEO à Bure.
Pour contacter, inviter ou envoyer vos mots d’amour aux freemeuses, vous pouvez leur écrire à l’adresse mail : lesfreemeuses[at]riseup.net
Jusqu’à l’infini et au-delà : occupation de la gare de Luméville pour résister face à l’ANDRA
13-15 Mars : week-end antirépression à BZL
23 Mars : délibéré de l’audience pour l’expulsion de la Gare
24-26 Avril : rencontres buissonières des fôrets en lutte à BZL
4-11 Mai : grands chantiers de printemps à BZL
14-16 août : festival des Bure’lesque
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Pour avoir plus d’infos sur le programme à venir, n’hésitez pas à consulter régulièrement les sites bureburebure.info _ stopcigeo-bure.eu _ cedra52.jimdo.com
Pour tout renseignement vous pouvez envoyer un mail à burezonelibre[at]riseup.net ou téléphoner au 09.54.10.57.11. Il est également toujours possible de venir à la maison de résistance le temps d’un café, d’une journée, d’une semaine ou d’un mois… !
Si vous voulez faire un don par virement sur le compte Bure Zone Libre FR76 1027 8020 0100 0204 1640 115, n’oubliez pas d’indiquer si vous souhaitez un reçu fiscal avec votre adresse (postale ou mail) pour vous l’envoyer.
Si vous voulez renouveler votre adhésion à l’association Bure Zone Libre, nous envoyer un don, des cartes postales, des questions, voire entretenir une relation épistolaire, l’adresse pour nous écrire ne changera jamais ! 2 rue de l’église, 55290, Bure
01/03/2026
Bon printemps à toutes ! La dernière lettre d’info date de trop longtemps. Vous l’attendiez et « mieux vaut tard qu’encore plus tard » comme parfois on dit ici. Sans plus attendre voilà la lettre d... Lire la suite