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Dans la nuit du 28 au 29 mars, des actes de résistance ont embrasé le territoire de la Meuse – en proie aux vautours nucléocrates depuis plusieurs décennies déjà – en réponse à l’appel à un « printemps noir » et à une offensive contre Cigéo (lien).
Nous témoignons également par nos actions de notre solidarité avec nos compas d’Allemagne, qui subissent actuellement une importante vague de répression suite à une courageuses attaques contre l’industrie du nucléaire sur leur propre territoire (lien). Nos pensés et nos actes s’inscrivent également en soutien avec les compas de Grèce emprisonné.es pour l’affaire d’Ambelókipi et en mémoire du combattant anarchiste armé Kyriakos Xymitiris.
Cette nuit là, les rues de Demange-aux-Eaux ont vu apparaître sur leur bitume des messages de colère et d’avertissement : « Trains nucléaires : vallée menacée ! » ; tandis que des chouettes espiègles sabotaient par le feu l’alimentation électrique de la station atmosphérique de Houdelaincourt près de Bure : une installation de l’ANDRA dès plus moderne de France, dite, « d’excellence » qui a intégré à l’automne dernier le fameux Global Atmospheric Watch, un projet scientifique d’observation international destiné à nous faire croire que les nucléocrates se soucient de l’évolution du climat et que la science nous sauvera. Les blouses blanches se plaisent à observer et mesurer les catastrophes qu’elles produisent.
Ces actes s’inscrivent donc dans la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires dit « Cigéo » : une poubelle souterraine géante destinée à enfouir sous des couches de déni les rebuts les plus dangereux de l’histoire humaine. Mais contrairement à ce que ses promoteurs véreux tentent de nous faire croire, Cigéo n’est pas tant une proposition scientifique pour « gérer » les déchets atomiques qu’une entreprise de propagande pour justifier et légitimer la poursuite de cette industrie particulièrement mortifère. Après les avoir jeté dans l’océan Atlantique et envisagé de les projeter au cœur du soleil, les nucléocrates s’acharnent à nous vendre une fois de plus le rêve avarié d’une énergie « verte » dont la production serait maîtrisée de bout en bout. Mais leur rêve a toujours été un cauchemar et il est temps de se réveiller.
La lutte contre le projet Cigéo représente un point important, sans être le seul, dans la résistance contre la nucléarisation de la France et du monde. Est-il seulement nécessaire de rappeler une énième fois les ravages passés et présents de cette folie ? Ou d’alerter encore et encore sur les catastrophes que la bombe atomique et les centrales nucléaires ne manqueront pas de provoquer ? Mais si nous choisissons de nous battre – ou au moins de nous débattre – contre le régime de l’Atome, nous ne sommes pas pour autant favorables aux pseudo-alternatives mises en avant par des technocrates de la même espèce : éolien, solaire, hydrogène, hydroélectrique ou autres calamités technologiques. Aucune production énergétique industrielle ne saurait être compatible avec une vie digne et en harmonie avec la nature si l’extraction minière en est le cœur. Nous témoignons donc de notre solidarité avec toutes les personnes qui s’opposent à l’une ou l’autre facette de la société industrielle.
Ainsi, si nous choisissons de lutter contre le nucléaire, cette fois en Meuse et en bout de chaîne, c’est parce que nous pensons qu’il incarne la forme la plus avancée, la plus exemplaire de la catastrophe que nous vivons. Qu’il contient dans son mode de fonctionnement la plupart des problèmes de la société moderne en les poussant à l’extrême : extractivisme, colonialisme, course à la puissance, spécialisation et régime des experts, centralisation, dépendance technologique, destruction des territoires et ainsi de suite. Malgré cela, certaines personnes persisteront à nous considérer comme des voyous et à en appeler à la démocratie et à l’engagement citoyen. Or, nous avons une fois encore entrepris d’attaquer directement les infrastructures du nucléaire pour déclarer que ce mode d’action est non seulement nécessaire pour espérer pouvoir un jour s’en débarrasser, mais surtout qu’il est possible de le faire, et ce même dans un territoire militarisé et sous surveillance accrue. Il ne s’agit pas de prétendre pouvoir démanteler ici et maintenant la société industrielle dans son ensemble, mais de continuer à faire exister une critique radicale en acte, de perpétuer une culture de résistance et de se partager des savoirs pratiques offensifs au cœur de la nuit, de la même manière que nous nous transmettons les connaissances nécessaires à une vie de subsistance, inséparable d’un avenir désirable.
Vous avez le pouvoir, nous avons la nuit !
02/04/2026
Publié sur de.indymedia, traduit par bbb Bure Stop ! Solidarité avec le « Gorleben français » Devant la mine, construite autrefois pour permettre la création d’un « site de stockage définitif des d... Lire la suite