Arrếtés préfectoraux pour la période des burelesques
Arrêté préfectoral pendant les burelesques
L’adjoit de la préfète de la meuse, Julien Kaiser, a pondu le 4 aout, fidèle à leur habitude, 2 arrêtés préfectoraux:
Vous pouvez avoir les infos détaillés en téléchargeant les arrêtés préfectoraux ici.
1) un arrêté de survol par 2 drones et 1 hélicoptères avec captation d’images entre le mardi 11 août 00H00 et le lundi 18 aout 00h00, dans un rayon de 1500 mètres autour des burelesques qui a lieu à saint Amand sur Ornain.
Les éditions précédentes, les flics ont systématiquement utilisé les hélicoptères en dehors des dates et des périmètres fixés par l’arrêté, n’hésitez pas à les filmer et transmettre leur méthode.
2) Un arrêté du vendredi 14 août 2026 08 heures 00 au lundi 17 août 2026 12 heures 00 interdisant le transport:
– de feu d’artifice.
– de carburants, accélérateurs de caburants, combustibles, acides ou produits chimiques, et de pneus usagés.
– Le transport de bombes à tag
– de matériaux pouvant servir de combustible (bois, paille, poutre)
– objets pouvant servir d’armes
– la consommations d’alcool de groupe 3 à 5 sur la voie publique
– du matos de sonorisation et de sound system
– matériel pouvant couvrir le visage
La liste des communes concernées par l’arrêté:
TREVERAY, SAINT-AMAND-SUR-ORNAIN, NAIX-AUX-FORGES, MENAUCOURT, GIVRAUVAL, LONGEAUX, NANTOIS, VILLERS LE SEC, HEVILLERS, BOVIOLLES, MARSON-SUR-BARBOURE, REFFROY, SAINT-JOIRE, BAUDIGNECOURT, DEMANGE AUX EAUX, BURE, GONDRECOURT-LE-CHATEAU, LUMEVILLE-EN-ORNOIS, HORVILLE EN ORNOIS, MANDRES-EN-BARROIS, CHASSEY-BEAUPRE, BONNET et RIBEAUCOURT
Les arrêtés préfectoraux n’ont jamais été appliqués strictement. Ils servent souvent de prétexte pour faire des contrôles. Dans la pratique, souvent ils n’appliquent pas l’arrêté, mais ils peuvent s’en servir soit pour prendre du matériel, qui peut être récupéré au commissariat à la fin de l’évènement. N’hésitez pas à faire un tour de votre véhicule avant de partir pour retirer les objets non utiles pour l’évènement.
En cas de contrôle, arrêté ou non, tant qu’il n’y a pas de réquisition du procureur, le véhicule n’a pas à être fouillé, même si les flics l’exigent. Demandez la réquisition du procureur (qui n’est pas la même chose que l’arrêté préfectoral), vérifiez l’endroit et la date: vérifiez si elle correspond à l’endroit où vous êtes contrôlé.es et vérifiez les horaires, une réquisitions n’est valable que plusieurs heures. Si elle n’est pas valable les flics ne peuvent ni voir ce qu’il y a dans le véhicule, ni contrôler d’autre personne dans le véhicule que le.a conducteurice.
Si vous voyez des personnes contrôlées sur la route, n’hésitez pas à être solidaire, sortir du véhicule et aller demander aux personnes si elles ont besoin de soutien.
N’hésitez pas à lire le brief legal en contexte burien avant de partir présent ici. Et dans tous les cas venez.
Si vous voulez des infos sur le programme des burelesques c’est ici.
Diverses associations ont attaqué en justice via un référé-liberté les arrêtés préfectoraux. Le jugement a été communiqué le 13 août et un communiqué de presse du collectif des bure’lesques a suivi ce jugement :
Le tribunal administratif justifie la mise sous cloche répressive de toute opposition à Cigéo
A la suite de notre référé-liberté contre les arrêtés préfectoraux liberticides autour du Festival les Bure’lesques, nous déplorons une décision décevante du Tribunal Administratif de Nancy.
Une quarantaine de personnes physiques et 15 organisations, dont la LDH, le SAF et le RSDN, ont saisi le tribunal administratif de Nancy en vue de dénoncer le dispositif disproportionné mis en place par la Préfecture de la Meuse visant à criminaliser l’opposition à Cigéo lors d’un festival festif et informatif.
Les requérants ont invoqué la violation grave et manifestement illégale de plusieurs libertés fondamentales, dont celle de la liberté d’aller et venir, le droit à une vie privée normale et la liberté de réunion et d’expression.
La préfecture a justifié son dispositif liberticide par une prétendue menace à l’ordre public tout en réduisant sa défense à « On sait ce qu’on fait, on est responsable, la sécurité c’est notre souci » et une petite menace larvée : « On aurait pu vous coller un arrêté incendie« .
Une décision décevante et incompréhensible sous certains aspects
Dans sa décision rendue le 12 août 2026 en fin d’après-midi, la juge a suspendu l’un des arrêtés concernant uniquement l’interdiction d’usage et de transport de matériel son, éléments indispensables à la bonne tenue du festival. Le Tribunal reconnaît que l’événement s’est toujours tenu dans de bonnes conditions au cours des années précédentes mais qu’au vu du « contexte » lié à des incidents qui se sont produits autour de la contestation à CIGEO, un risque de trouble à l’ordre public justifie des dispositifs attentatoires aux libertés.
Le tribunal reprend purement et simplement les arguments adverses sans que leur matérialité ne soit d’ailleurs établie par la Préfecture : il suffit d‘affirmer pour être cru lorsque l’administration parle !
Il est inacceptable que le périmètre d’interdiction de transport et de détention de très nombreux éléments ait été validé alors qu’il recouvre 23 communes sur 300 kilomètres carré, là où le festival se tient dans un champ. La captation d’images par drones et un hélicoptère de deux villages entiers qui n’ont rien à voir avec le festival a également été validée malgré l’interdiction légale qui s’y attache.
Notre demande de mise sous séquestre des données recueillies par les drones pour permettre à la CNIL de vérifier le respect des dispositions légales n’a même pas été examinée alors que ce contrôle est crucial dans une société démocratique.
Nous constatons une fois de plus que l’Etat et la justice sont main dans la main pour tenter de mettre sous une cloche répressive toute forme d’opposition à Cigéo.
Nous nous réservons la possibilité de contester cette décision devant le Conseil d’Etat parce que nous nous faisons une plus haute idée du droit et que l’expérience nous a prouvé que la ténacité paie face à des décisions de justices qui remettent en cause nos libertés et impactent nos vies militantes.
La lutte reste festive et déterminée !
Enfin, nous appelons toutes les personnes qui subiront ces contrôles à nous faire part de leurs remarques sur la manière dont ils se dérouleront : tout en restant calme et avec respect, n’hésitez pas à les filmer. Tous vos témoignages étayeront nos prochaines actions en justice.
Et nous ne doutons pas que notre festival sera une réussite comme à chaque édition :
ne manquez pas celle de 2026 ! Elle sera mémorable à n’en pas douter !
07/08/2026
arrêté préfectoral
répression