[Vosges] action directe contre le chef ingénieur de l´ANDRA Emmanuel Hance

publié sur lille.indymedia

L’hiver – la saison de la contemplation, des moments conviviaux passés ensemble, mais aussi de la réflexion et des souvenirs. Vous connaissez ça aussi ? Vous êtes assis avec vos ami.es, vous vous racontez de vieilles histoires et soudain, vous vous demandez : « Qu’est-il advenu de… ? » C’est en tout cas ce qui nous est arrivé, et c’est ainsi qu’a commencé ce petit conte d’hiver :

Nous nous sommes demandés où était passé Emmanuel Hance. Emmanuel QUI, vous demandez-vous ? Alors vous ne devez pas être originaire du sud de la Meuse ! Car ici, tous les enfants savent qui il est et lorsqu’iels ne parviennent pas à dormir la nuit, ils regardent sous leur lit pour voir s’il n’y est pas caché. Détesté et redouté par la population, personne n’a autant marqué le conflit autour de la construction du site de stockage des déchets ultimes radioactifs CIGEO au cours des dernières décennies que l’ingénieur en chef moustachu de l’ANDRA. Hance est la caricature parfaite d’un mafieux du nucléaire : responsable de toutes les questions territoriales en dehors du laboratoire, il exproprie les agriculteur.ices des environs du petit village de Bure et au allant tour à coups de menaces et de cadeaux empoisonnés. Et il ne se cache pas derrière son bureau pour cela. Hance aime mettre la main à la pâte : à Saudron par exemple, un agriculteur a été victime d’une crise cardiaque après l’une de ses fameuses visites à domicile ; dans le bois le juc, il a aspergé d’essence les participant.es à un sit-in pacifique et blessé un activiste avec un bulldozer. Même la juge chargée des expropriations foncières a demandé à l’ANDRA de ne plus envoyer Hance comme représentant lors des visites sur place, car ses intimidations : « empoisonnent le climat des négociations ».

Depuis plus d’un an maintenant, le chien de garde vieillissant de l’ANDRA a soudainement disparu de la scène, ce qui nous ramène à la question : où est donc passé Emmanuel Hance ? A-t-il peut-être accompli la mission de sa vie avec la fin de la procédure d’expropriation 2024/25 et pris une retraite bien méritée ? L’âge pourrait bien être la raison. Ou était-ce cette soirée d’hiver, il y a deux ans, où il s’est fait enfariner à la mairie de Mandres en Barrois, qui l’a discrédité à jamais ? Car qui a besoin d’un faiseur de peur qui ne fait plus peur. Bref, nous ne savons pas. Ce n’est pas que son absence nous manque particulièrement, mais nous ne voulons pas non plus l’oublier complètement tant le mal qu’il a fait.

Car qu’est-ce qu’un conte de noël avec un sinistre méchant, sans « happy end » ? C’est ce qu’ont pensé quelques chouettes, et hiboux qui se sont envolées à la recherche du méchant scélérat pour lui infliger une punition juste, bien que tardive. Elles ne l’ont pas trouvé dans la Meuse ou la Haute-Marne, où il sévissait depuis des années et semait la terreur préparant le terrain où les déchets toxiques devaient être enfouis à jamais, mais à la lisière de ces contrées, dans les Vosges. A l’abri des regards indiscrets, caché derrière une haie de jardin bien taillée et surveillé par toutes sortes d’instruments techniques.
Et les chouettes dirent : « Tu as servi ton maître fidèlement et honnêtement pendant de longues années, tu as profité et abusé de tes privilèges et vendu ton territoire natal pour y enfouir les rebuts du monde moderne ! Tu vas maintenant recevoir ta récompense. »

Restons fidèles à la vérité. En réalité, les chouettes n’ont rien dit de tel, car lorsqu’elles sont arrivées, la nuit était déjà bien avancée et la maison était plongée dans l’obscurité. Voici probablement comment les choses se sont déroulées : Manu s’était couché tôt ce soir-là, c’était pourtant un jour très spécial pour lui. Il aurait tant aimé faire la fête avec tous et toutes ses ami.es, mais il n’en avait pas. C’était le prix à payer, car la peur rend solitaire et la peur des autres était justement son métier. Et c’était justement le sujet du jour. Aujourd’hui, il y a neuf ans jour pour jour, il avait réussi à décupler la valeur de son entreprise ! À l’époque, dans le bois le Juc, il avait fait goûter à ces anarchistes leur propre médecine, et ce devant les caméras. Ces hippies naïfs pensaient peut-être pouvoir le discréditer avec ces images, mais ce jour-là, Manu est devenu immortel en tant que méchant. Un chef-d’œuvre !

C’est ainsi qu’il se sentait, plein d’admiration pour lui-même lorsqu’il rentra chez lui ce jour-là. Le reste du monde ignorait tout de cette journée spéciale et il passa donc cette journée comme toutes les autres. Il s’acquitta consciencieusement d’une série de tâches dont aucune ne rendrait le monde meilleur, puis rentra chez lui pour se reposer en vue du lendemain. Mais ce soir, il fallait faire la fête, ami.es ou pas, se dit-il. Il enfila ses pantoufles, se servit un verre de bon cognac, mit un chapeau de fête qu’il avait acheté spécialement pour l’occasion chez un fournisseur d’articles de fête à Neufchateau et se félicita une nouvelle fois pour son coup de génie. Puis il rangea les classeurs contenant sa collection de timbres, comme il avait l’habitude de le faire chaque soir. Et ne trouvant plus rien d’autre à faire, il alla se coucher. Ce fut une belle fête, pensa Manu avant de sombrer dans un sommeil profond et satisfait. Quand soudain…

Nous nous éloignons à nouveau de la vérité, car l’histoire est tout simplement plus belle ainsi. Nos recherches ont montré que l’événement en question a dû avoir lieu le 30 janvier 2017, ce qui ne nous convenait malheureusement pas du tout au niveau des dates. Nous avons donc reporté la fête à un peu plus tard.

Dans la nuit du 9 février, nous avons accédé au jardin de son assez impressionnant terrain, au 11 rue de la Corvée Marnette, à Liffol-le-Grand [Vosges], déposé un dispositif explosif de type gazaki* à coté de sa cabane de jardin et l’avons mis en action !

Cette action n’a mis personne en danger, pas même Manu l’affreux, dont l’existence est moralement corrompue. Les dégâts causés devraient également rester limités. Nous aurions préféré nous attaquer à l’abri bois attenant la maison principale pour de meilleurs dommages. Cependant, nous avons décidé, à contrecœur et après de longues discussions de ne pas le prendre pour cible. Nous nous rallions ici à l’argumentation du « Commando Fernando Perriera » concernant l’envoi d’une cartouche à Patrice Torres (directeur régionale de l’ANDRA), en février 2025.
En substance : « Soyez heureux que, contrairement à vous, nous combattions du côté de la vie ! » Même si nous devons admettre que nous avons été tentés un instant de faire une exception pour Manu.

Tout comme le chapitre consacré à l’abjecte Hance, l’hiver touche à sa fin. Mais il reste encore beaucoup de pages à remplir dans le livre de la lutte contre CIGEO, et vous pouvez tous.tes y contribuer d’une manière ou d’une autre. Même s’il est encore un peu tôt pour accueillir le printemps, nous inscrivons explicitement notre action dans le contexte de l’appel : « pour un printemps noir en 2026 », que nous considérons digne d’être soutenu, d’intérêt anarchiste, et que nous espérons fleurissant.

Commission Informelle pour la Promotion des Contes d’Hivers qui Finissent Bien

*gazaki est une bombe de faible intensité, comme celles parfois utilisées dans des actions directes en Grèce. Il s’agit d’un dispositif incendiaire qui provoque l’explosion d’une ou plusieurs cartouches de gaz. Dans la plupart des cas, nous considérons que l’utilisation de cette technique n‘est pas la plus pertinente : d’une part l’explosion peut avoir un effet aléatoire sur la propagation du feu, d’autre part cette explosion n’est pas très puissante (on imagine qu‘elle l’était quand même assez pour la cible choisie. Nous avons toutefois choisi cette technique pour s’assurer qu’il se réveille et ne rate pas notre spectacle.

13/02/2026

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